À Zamba 1er, village situé dans la sphère d’influence de la cimenterie PPC Barnet DRC Manufacturing S.A, le différend autour de la gestion des avantages communautaires prend désormais une dimension institutionnelle. Vendredi 29 mai 2026, les représentants des huit lignées du clan Nanga se sont réunis à Songololo (Kongo Central) dans le cadre d’une séance de médiation destinée à faire la lumière sur une crise qui secoue la communauté depuis plusieurs semaines.

La rencontre, organisée à l’état-major du commissariat territorial de Songololo en présence des membres du Comité local de sécurité et de la société civile, avait pour objectif de recueillir les différentes versions des faits et d’identifier les véritables points de blocage à l’origine des tensions observées au sein du clan.

Au terme des échanges, les représentants des huit lignées ont affirmé ne nourrir aucun différend avec le chef du clan, Makambi Joseph. Leurs préoccupations portent plutôt sur la gestion des biens et avantages communautaires, notamment celle du véhicule remis par PPC Barnet au bénéfice de la communauté locale.

Plusieurs intervenants ont évoqué un déficit de transparence dans l’administration de ce patrimoine communautaire. Selon eux, les mécanismes de reddition des comptes demeurent insuffisants et ne permettent pas aux membres du clan de disposer d’une visibilité claire sur la gestion des ressources concernées.

Dans cette optique, les représentants des lignées ont demandé au chef du clan de reconsidérer la délégation de pouvoir accordée à Mike, chargé jusque-là du suivi de certains intérêts communautaires. Une requête qui témoigne de la volonté de plusieurs composantes du clan de voir émerger un mode de gestion davantage consensuel et participatif.

Cette réunion s’inscrit dans la continuité des efforts engagés par les autorités territoriales après les manifestations enregistrées ces dernières semaines à Zamba 1er. Ces mouvements de contestation avaient notamment mis en évidence le malaise grandissant d’une partie de la population concernant la gestion des retombées liées à la présence de la cimenterie.

Face à la sensibilité du dossier, une nouvelle réunion a été programmée pour le 6 juin prochain. Elle réunira notamment les représentants des huit lignées, le chef du clan, Mike ainsi que la direction générale de PPC Barnet, sous la supervision des autorités provinciales et territoriales compétentes.

Au-delà des divergences actuelles, cette médiation apparaît comme une tentative de restaurer la confiance entre les différentes parties et de préserver la cohésion d’une communauté dont les attentes restent fortement liées à la gouvernance des avantages issus de l’exploitation industrielle de son terroir.
Josué Muleli
