Kinshasa : la concertation des députés provinciaux du Kongo Central convoquée par Papy Mantezolo se heurte au boycott du camp Nsuami

Entre boycott, silences stratégiques et rivalités politiques, la crise institutionnelle du Kongo Central reste sans issue.

Ntemo
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Dans les couloirs feutrés d’un hôtel de Kinshasa, la crise institutionnelle qui fracture le Kongo Central a encore livré, ce vendredi 29 mai 2026, une séquence politique aussi révélatrice qu’inachevée. Convoquée par Papy Mantezolo Diatezua, président réhabilité de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, la concertation censée rapprocher les positions des députés provinciaux s’est finalement heurtée au boycott du camp proche de Victor Nsuami Mpaka.

Présentée comme une tentative de décrispation politique après plusieurs semaines de turbulences institutionnelles, cette rencontre devait permettre aux élus provinciaux d’harmoniser leurs propositions avant une nouvelle séance de travail attendue avec le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango.

Mais derrière les ambitions de dialogue affichées, la réalité politique est rapidement revenue à la surface. Plusieurs députés proches du camp Nsuami ont refusé de prendre part aux échanges, vidant ainsi la réunion d’une partie de sa portée politique et accentuant davantage les lignes de fracture déjà visibles au sein de l’hémicycle provincial.

Selon plusieurs sources présentes sur place, seuls les députés acquis à la majorité de Papy Mantezolo ont effectivement participé à cette concertation politique organisée dans la capitale congolaise. En coulisses, certains élus dénoncent un blocage volontaire du processus de rapprochement politique pourtant encouragé par le ministère de l’Intérieur.

À la sortie de la rencontre, aucun échange avec la presse n’a été accordé. Dans un silence soigneusement entretenu, les organisateurs ont renvoyé toute communication officielle au lundi prochain, à l’occasion du dépôt du procès-verbal des travaux. Une retenue calculée qui en dit long sur la sensibilité des discussions et la persistance des fractures politiques autour du perchoir de l’Assemblée provinciale du Kongo Central.

Loin des discours officiels, cette rencontre partiellement boycottée illustre surtout l’enracinement progressif d’un bras de fer institutionnel autour du contrôle du perchoir de l’Assemblée provinciale. Chaque camp semble désormais avancer avec prudence, misant davantage sur le rapport de force politique que sur une véritable logique de compromis.

Dans les milieux politiques kinois comme à Matadi, plusieurs observateurs estiment que cette absence de convergence risque de compliquer davantage les efforts de médiation engagés par le pouvoir central pour restaurer la stabilité institutionnelle dans la province.

En attendant la publication annoncée du procès-verbal lundi prochain, l’incertitude demeure entière. Une nouvelle réunion pourrait être convoquée dans les prochains jours par le VPM de l’Intérieur, alors que le Kongo Central continue d’évoluer dans une zone de turbulences politiques où chaque silence, chaque absence et chaque report prennent désormais des allures de message stratégique.

Josué Muleli

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