Le camion-remorque qui avait basculé dans la rivière Kwilu au niveau du pont éponyme, sur la Route Nationale n°1, dans le territoire de Songololo au Kongo Central, a finalement été extrait des eaux ce samedi 9 Mai 2026 aux environs de 14 heures. Derrière cette opération spectaculaire menée sous le regard des riverains et des usagers de la route, le drame humain demeure entier : une mère et son enfant restent introuvables depuis l’accident survenu jeudi dernier.

Le véhicule poids lourd, transportant un conteneur de 40 pieds en provenance de Matadi et à destination de Kinshasa, avait quitté la chaussée avant de terminer sa course dans le cours d’eau, à proximité du village Kanda-Kanda. L’accident s’est produit sur l’un des axes routiers les plus stratégiques du pays, où transitent quotidiennement marchandises, carburant et convois commerciaux reliant le port de Matadi à la capitale congolaise.

À mesure que les premières images du drame circulaient, plusieurs conducteurs de poids lourds présents sur les lieux ont évoqué la piste d’une fatigue au volant, régulièrement pointée du doigt sur ce corridor routier à forte densité de trafic. Selon certains témoignages, le camion aurait abordé à vive allure un virage situé juste après le village Kanda-Kanda, avant de perdre toute stabilité à la sortie du pont.
« Ce genre d’accidents est souvent lié à la fatigue et à l’excès de confiance des chauffeurs habitués à cette route », confie un conducteur rencontré sur place.

Dans la violence du choc, six personnes se trouvaient à l’intérieur de la cabine. Grâce à l’intervention improvisée mais rapide des habitants et de jeunes volontaires accourus au bas du pont, quatre occupants ont pu être repêchés dans un état critique. Parmi eux figure un convoyeur qui, selon plusieurs témoins, serait parvenu à sauter du véhicule dans un ultime réflexe de survie avant que l’engin ne soit englouti.

Mais malgré les recherches entreprises depuis le drame, deux passagers manquent toujours à l’appel. Il s’agit d’une mère voyageant avec son enfant. Leur disparition continue de nourrir une vive émotion dans la zone, alors que les opérations de secours se sont poursuivies pendant plusieurs heures dans des conditions particulièrement difficiles, entre courant instable et visibilité réduite sous les eaux du Kwilu.

L’extraction du camion, intervenue près de quarante-huit heures après l’accident, a momentanément perturbé la circulation sur la RN1, déjà marquée ces derniers mois par une succession d’accidents impliquant des véhicules de grand tonnage. Sur place, la scène mêlait silence pesant, curiosité populaire et tension palpable autour des équipes mobilisées pour dégager l’épave partiellement submergée.

À ce stade, les circonstances exactes ayant conduit le chauffeur à perdre le contrôle de l’engin ne sont pas encore officiellement établies. Toutefois, cet accident relance une fois de plus le débat sur les conditions de conduite des transporteurs longue distance, la fatigue chronique des chauffeurs et la sécurité sur les grands axes routiers nationaux, où chaque défaillance peut rapidement se transformer en tragédie.
NTEMO CD
