L’Assemblée provinciale du Kongo Central s’est réveillée ce vendredi dans une atmosphère de verrouillage institutionnel inédit. Depuis les premières heures de la matinée, l’accès au bâtiment est strictement interdit aux députés provinciaux, aux agents administratifs ainsi qu’aux visiteurs. Sur place, un dispositif sécuritaire renforcé de la Police nationale congolaise a pris position et contrôle l’ensemble de l’hémicycle.
Selon des sources proches de l’institution, cette mesure aurait été prise sous l’autorité de Victor Nsuami Mpaka, actuel président de l’Assemblée provinciale, pour des raisons internes qui n’ont pas été officiellement dévoilées à la presse. Une décision qui intervient dans un climat particulièrement sensible, marqué par des recompositions rapides au sommet de l’organe délibérant.
Cette mise sous contrôle intervient au lendemain de l’arrêt de la Cour constitutionnelle réhabilitant Papy Mantezolo Diatezua à la présidence de l’Assemblée provinciale. Une décision qui a immédiatement rebattu les cartes d’une crise institutionnelle déjà sensible, en reconfigurant juridiquement la direction de l’organe délibérant provincial.
Sur le terrain, le contraste est saisissant : portes closes, accès filtrés et circulation totalement neutralisée autour de l’enceinte parlementaire. Une situation qui traduit la prudence extrême des autorités, dans l’attente de clarifications officielles sur les implications concrètes de l’arrêt de la Haute Cour.
Dans les deux camps politiques concernés, le silence reste de mise. Les proches de Papy Mantezolo comme ceux de Victor Nsuami Mpaka, jusqu’ici considéré comme président en exercice, affirment attendre la notification formelle de la décision avant toute prise de position publique. Une retenue qui masque difficilement la tension sous-jacente et les recompositions en cours au sommet de l’institution provinciale.
Pendant ce temps, la capitale provinciale, Matadi, demeure sous pression politique. Depuis la veille, des mouvements de contestation ont été observés dans plusieurs artères de la ville, portés par des militants de l’UDPS qui dénoncent la décision de la Cour constitutionnelle et réaffirment leur soutien à Victor Nsuami Mpaka.
Entre verrou sécuritaire, incertitude juridique et crispation politique, le Kongo Central traverse une séquence institutionnelle d’une rare intensité. L’Assemblée provinciale, désormais physiquement inaccessible, devient le théâtre silencieux d’un bras de fer où le droit, la politique et la rue semblent évoluer sur des lignes de fracture encore instables.
NTEMO CD
