À Kimpese, au cœur du territoire de Songololo (Kongo Central), une dynamique discrète mais déterminante est en train de prendre forme. Pendant trois jours, du samedi 2 au lundi 4 mai 2026, agriculteurs et entrepreneurs ruraux ont pris part à une session de formation stratégique dédiée aux mécanismes d’accès au crédit agricole. Une initiative qui s’inscrit dans une logique de transformation durable des pratiques économiques locales.
Dans un contexte où l’accès au financement demeure l’un des principaux goulots d’étranglement du secteur agricole, cette formation a offert bien plus qu’un simple cadre d’apprentissage. Elle a posé les jalons d’une nouvelle culture financière, fondée sur la compréhension des instruments de crédit, la discipline de gestion et la projection vers une agriculture modernisée.

Cette initiative est le fruit d’un partenariat entre l’institution bancaire Equity BCDC et l’organisation ANACHOP, sous la supervision de la députée Brigitte Nkembi, avec l’appui de André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo. Une synergie d’acteurs institutionnels et locaux, animée par une même ambition : renforcer durablement l’autonomie économique des communautés de base.

Au fil des échanges, les experts de la banque ont initié les participants aux rouages souvent méconnus du système de financement : conditions d’éligibilité, structuration des dossiers de demande, exigences de remboursement, mais aussi opportunités qu’offre le crédit agricole en matière d’investissement productif. Loin des discours théoriques, l’approche s’est voulue résolument pragmatique, arrimée aux réalités du terrain.
Pour la députée Brigitte Nkembi, initiatrice et superviseure du projet, cette activité s’inscrit dans une vision de développement durable, visant à soutenir les producteurs locaux tout en stimulant l’économie de la communauté. Une orientation stratégique qui note l’importance d’un accompagnement structuré pour transformer le potentiel agricole en véritable moteur de croissance.

L’enjeu est de taille : permettre aux producteurs de sortir du cycle de subsistance pour s’inscrire dans une logique de rentabilité et de croissance. À travers cette montée en compétences, c’est toute une chaîne de valeur qui se trouve progressivement consolidée, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation.

Sur place, l’adhésion est palpable. Les participants saluent une formation qui, au-delà des connaissances acquises, ouvre des perspectives tangibles. Pour beaucoup, il ne s’agit plus seulement de cultiver, mais désormais de penser leur activité comme une véritable entreprise, avec ses exigences, ses risques et ses opportunités.
À Kimpese, cette initiative pourrait bien marquer un tournant. Car derrière l’apprentissage du crédit agricole, c’est une ambition plus large qui se dessine : celle d’un développement local endogène, porté par des acteurs désormais mieux armés pour transformer leur potentiel en levier de croissance durable.

Glody Makengo/NTEMO.CD
