À Kinshasa, l’alerte a viré à décision. Les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l’usine Revin SARL, mettant fin à la production et à la distribution de la boisson « Power Plus », commercialisée sous le nom de « Mutu Rouge ». Une mesure radicale qui intervient après la mise en évidence d’un risque sanitaire jugé grave pour les consommateurs.
Selon un communiqué officiel de la Commission de la Concurrence (COMCO), pris en collaboration avec l’Autorité Congolaise de Réglementation Pharmaceutique (ACOREP), des analyses ont révélé la présence de sildénafil, une substance pharmaceutique non autorisée dans ce type de produit. Introduite clandestinement et absente de l’étiquetage, elle aurait été utilisée à des doses potentiellement toxiques.

Derrière son image de boisson énergisante accessible au grand public, « Mutu Rouge » exposait ainsi ses consommateurs à des risques sérieux, notamment des troubles cardiaques susceptibles d’entraîner des conséquences fatales. Une situation d’autant plus préoccupante que le produit circulait largement sur le marché, sans contrôle apparent de sa composition réelle.
L’affaire trouve son origine dans les signalements répétés de consommateurs, relayés par le Mouvement National des Consommateurs Lésés (MNCL). Son coordonnateur, Joël Lamika, évoque des effets secondaires alarmants observés chez plusieurs utilisateurs : maux de tête persistants, vertiges et troubles digestifs. Face à ces témoignages, le mouvement a engagé une analyse pharmacologique du produit.

Les résultats de cette expertise, transmis aux autorités compétentes, ont contribué à accélérer l’intervention de l’État. « Ce produit, vendu comme un simple jus, contient en réalité des substances nuisibles à la santé humaine », a déclaré Joël Lamika, dénonçant un mélange dangereux à l’origine de son efficacité supposée.
Au-delà des frontières congolaises, le produit suscitait déjà la méfiance. « Mutu Rouge » avait été interdit dans plusieurs pays africains, notamment en Tanzanie et en Ouganda, renforçant les soupçons sur sa dangerosité et sur les pratiques de sa chaîne de distribution.

Dans ce contexte, les autorités appellent la population à cesser immédiatement toute consommation de la boisson incriminée et à signaler tout point de vente continuant à la proposer. Une enquête judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités dans cette affaire aux implications sanitaires majeures.
Cette décision marque un tournant dans la régulation du marché des produits de consommation en RDC. Elle envoie un signal clair aux opérateurs économiques et réaffirme une ligne de fermeté : la santé publique, insistent les autorités, n’est pas négociable.
MM
