« Si le peuple veut que je fasse un troisième mandat, j’accepterai » (Félix Tshisekedi)

Entre ouverture politique et contraintes sécuritaires, Tshisekedi redéfinit les équilibres institutionnels en RDC.

Ntemo
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Lors d’une conférence de presse tenue dans la soirée de ce mercredi 6 Mai 2026 à Kinshasa, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a évoqué la possibilité de briguer un troisième mandat, conditionnée selon lui à l’expression de la volonté populaire. Il s’est également dit favorable à l’ouverture d’un débat sur une éventuelle révision de la Constitution, y compris par la voie référendaire.

Revenant sur la ligne politique de son parti, le Chef de l’État a replacé cette réflexion dans une continuité idéologique : « Je suis de l’UDPS. En 2006, l’UDPS avait dit que si elle arrivait au pouvoir, cette constitution serait changée », a-t-il rappelé, inscrivant ainsi la discussion actuelle dans une perspective historique.

Tout en ouvrant le débat, le Président a insisté sur la nécessité d’un traitement rigoureux des questions institutionnelles, estimant qu’aucun sujet d’intérêt national ne devrait être écarté, mais qu’il doit être abordé dans un cadre « sérieux, transparent et méthodique », à distance des polémiques.

Sur le plan électoral, il a averti que la tenue des élections de 2028 dépendrait directement de l’évolution du conflit armé dans l’Est du pays. Selon lui, l’organisation d’un scrutin serait compromise tant que certaines zones resteraient hors du contrôle effectif de l’État, évoquant à cet égard des situations comparables à celles observées en temps de guerre, notamment en Ukraine.

Ces déclarations interviennent dans un contexte institutionnel sensible, marqué par l’examen au Parlement d’une proposition de loi encadrant une éventuelle révision constitutionnelle via un mécanisme de référendum et d’Assemblée constituante, tout en maintenant formellement les dispositions verrouillées de l’article 220 relatives à la limitation des mandats.

Dans le même temps, l’initiative suscite des réserves au sein de plusieurs confessions religieuses, dont les Églises catholique et protestante, qui appellent au respect strict des dispositions constitutionnelles encadrant l’alternance politique.

NTEMO CD

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