Kinshasa, 14 août 2026 — Le ministère de la Justice et Garde des Sceaux affiche une volonté accrue de lutter contre les dérives constatées sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué publié ce vendredi, le cabinet du ministre affirme vouloir contribuer à « assainir le cyberespace congolais », dans un contexte où les plateformes numériques occupent une place croissante dans le débat public.
Cette annonce intervient au lendemain d’une rencontre entre le ministre de la Justice et une délégation de l’ONG Telema Mwana ya Mampinga. Reçue jeudi à son cabinet, l’organisation a remis un mémorandum dans lequel elle exprime son indignation face à la recrudescence, selon elle, des injures publiques, de la diffamation et des atteintes à l’honneur visant certaines personnalités publiques, notamment la Première Dame.
Le ministre de la Justice a salué la démarche de l’organisation et dit partager les préoccupations exprimées. Son cabinet rappelle néanmoins que la liberté d’expression ne saurait, au regard du droit congolais, servir de paravent à des faits susceptibles de constituer des infractions.
Le ministère indique, par ailleurs, que des procédures judiciaires sont déjà engagées dans plusieurs régions du pays contre des auteurs présumés de ces dérives. Le communiqué fait état d’interpellations, de mandats d’amener et de démarches initiées auprès des parquets compétents, sans toutefois détailler les affaires concernées ni préciser leur nombre.
Kinshasa affirme inscrire cette démarche dans le cadre des dispositions du Code du numérique en vigueur en République démocratique du Congo. L’objectif affiché est de lutter notamment contre les contenus susceptibles de favoriser la haine, le mépris des institutions ou encore les atteintes à la dignité et aux droits d’autrui.
Pour le ministère, l’enjeu dépasse ainsi la seule question des publications controversées. Il s’agit également de rappeler que l’espace numérique demeure soumis au droit, alors même que la rapidité de diffusion des contenus et la puissance des réseaux sociaux peuvent amplifier considérablement la portée d’une déclaration, d’une accusation ou d’une mise en cause.
Cette position intervient dans un environnement numérique en pleine expansion en RDC, où TikTok, Facebook et d’autres plateformes sont devenus des espaces majeurs d’expression, d’information et de confrontation des opinions. Cette évolution alimente aussi régulièrement des débats sur la frontière entre critique légitime, liberté d’expression et comportements susceptibles de relever de la loi pénale.
Le ministère de la Justice appelle ainsi les jeunes et l’ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux à davantage de responsabilité et de civisme numérique. Le gouvernement réaffirme, dans le même temps, que la liberté d’expression demeure un droit reconnu, mais que son exercice doit s’effectuer dans le respect des lois et des droits d’autrui.
À travers cette nouvelle mise au point, les autorités judiciaires entendent donc envoyer un signal de fermeté sans remettre en cause, dans leur communication, le principe de la liberté d’expression. Reste désormais à observer la manière dont ces orientations se traduiront concrètement dans les procédures annoncées et dans l’application du cadre juridique aux usages numériques en RDC.
Junior Mfumu
