Nouveau coup de théâtre au sommet des institutions du Kongo Central. La plénière convoquée ce mercredi 13 mai 2026 par le bureau dirigé par Victor Nsuami Mpaka n’a pas pu aller jusqu’au vote attendu sur le réquisitoire visant le gouverneur de province, faute de quorum. Une situation qui replonge l’Assemblée provinciale dans une nouvelle zone de turbulence politique, au moment où la bataille autour du perchoir atteint un niveau de tension inédit.

Alors que cette séance était présentée comme une étape décisive dans le traitement du dossier introduit par le Procureur général près la Cour de cassation contre le gouverneur Grâce Bilolo, seuls 19 députés provinciaux ont répondu présents dans la salle plénière, bien loin des 21 élus requis pour valider légalement les délibérations. L’absence du quorum a immédiatement fragilisé la portée de cette plénière particulièrement attendue dans les cercles politiques de Matadi.
Avant la suspension des travaux, les membres de la commission spéciale et temporaire chargée d’examiner le réquisitoire ont néanmoins présenté leur rapport devant les députés présents. Mais sans le nombre suffisant d’élus, aucun vote n’a pu être organisé, empêchant ainsi l’Assemblée provinciale de franchir une nouvelle étape dans cette procédure politiquement sensible.


Cet échec intervient dans un contexte institutionnel déjà lourdement marqué par les tensions autour du retour annoncé de Papy Mantezolo Diatezua au perchoir de l’Assemblée provinciale. Réhabilité par la Cour constitutionnelle, l’ancien président de l’organe délibérant conteste ouvertement la légitimité du bureau actuel et affirme préparer sa reprise effective des fonctions dans les prochains jours.
À Matadi, plusieurs observateurs voient dans cette absence de quorum bien plus qu’un simple incident parlementaire. Pour certains, elle traduit les profondes fractures politiques qui traversent actuellement l’Assemblée provinciale, entre rivalités de leadership, repositionnements stratégiques et incertitudes autour de l’avenir institutionnel de la province.




Aucune nouvelle date n’a encore été officiellement annoncée pour la reprise de la plénière. Mais une chose semble désormais certaine : au Kongo Central, la crise du perchoir continue progressivement de déborder sur le traitement des dossiers sensibles liés au gouvernorat, renforçant davantage le climat de blocage au sommet des institutions provinciales.
Exode Manonga
