Entre promesses électoralistes et le manque du courant électrique : la cité côtière de Muanda en quête de lumière

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Muanda, seule cité productrice de pétrole en République Démocratique du Congo (RDC), incarne un paradoxe poignant.

Riche de ressources naturelles exploitées par des sociétés telles que Perenco, cette localité côtière de la province du Kongo-Central est pourtant dépourvue de services de base comme l\’électricité. À l\’approche du 20 décembre 2024, les promesses électorales de novembre 2023 concernant l’électrification de cette cité peinent à se concrétiser, laissant la population dans un désarroi palpable.

Une promesse présidentielle en attente

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Lors de la campagne présidentielle de 2023, le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait promis que la cité de Muanda serait électrifiée avant le 20 décembre 2024. Cette annonce avait suscité un immense espoir, particulièrement dans une localité où les festivités de fin d’année sont souvent ternies par l’absence de courant.

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Selon une déclaration faite à l\’Agence Congolaise de Presse (ACP) le 27 novembre 2023, Nelson Thamba, chargé de communication de la Commission de Gestion du Fonds Muanda (CGFM), a affirmé que les travaux d\’électrification étaient en bonne voie. Sur les quinze cabines électriques prévues, huit étaient déjà construites, et des conteneurs de matériel électrique incluant transformateurs, câbles et systèmes d’éclairage public, étaient en route pour la RDC.

Le financement et l’implication de la population de Muanda

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En parallèle, il est important de rappeler qu’en février 2022, le garant du bon fonctionnement des institutions du pays Félix Tshisekedi avait demandé aux ministères des Hydrocarbures et des finances, à cette époque, d’allouer 10 millions de dollars USD à la population de Muanda, représentant 15 % d’un accord signé avec la société pétrolière Perenco.

Cette somme faisait partie d’une enveloppe de 65 millions de dollars obtenue après la signature d’un avenant à Paris (France), en décembre 2021. Fait significatif, c’est la première fois que Muanda, malgré son rôle crucial dans l’exploitation pétrolière, bénéficie directement de fonds issus des contrats signés avec Perenco, alors que lors des huit précédents avenants, aucune portion de ces montants n’avait été allouée à cette population.

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L’objectif de cette enveloppe est de financer des projets d’électrification, d’infrastructures et d’œuvres sociales pour la localité. Cette somme devrait être gérée par un comité local, sous le contrôle de l’Inspection Générale des Finances (IGF), pour garantir une bonne gouvernance et éviter toutes malversations.

Malgré ces avancées, la lenteur des travaux et les nombreux retards suscitent une profonde inquiétude parmi la population, qui redoute une nouvelle promesse non tenue.

Muanda, un territoire marginalisé malgré ses richesses

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Muanda est un symbole d’injustice socio-économique. Avec deux entreprises pétrolières exploitant ses ressources, la cité devrait prospérer. Pourtant, elle ressemble davantage à un village oublié.

L’absence d’électricité affecte tous les aspects de la vie locale :

  • Économie locale : Les activités commerciales et les discothèques sont paralysées, surtout en période festive.
  • Conservation des vivres : Les habitants peinent à conditionner les produits frais issus des gratifications annuelles des entreprises.
  • Qualité de vie : Le chômage, l’accès limité à l’eau potable et la mauvaise qualité de l’éducation exacerbent les frustrations.

Un appel au leadership concret

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Lors d’une réunion organisée en juillet 2024 par le ministre des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, la société civile a plaidé pour une concertation élargie afin de résoudre les problèmes structurels de Muanda. Cependant, l\’arrêt de plusieurs travaux faute de financement renforce le sentiment d’abandon.

Pour de nombreux habitants, la question reste ouverte : « les dirigeants congolais prennent-ils réellement en compte les besoins des populations locales ? »

Vers une fête dans la lumière ou dans l’ombre ?

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Alors que la promesse présidentielle approche de son échéance, l’attente demeure. Réellement, l\’électrification de Muanda ne représente pas seulement une victoire technique, mais aussi un symbole d’inclusion et de respect des engagements.

La population de cette cité côtière espère que le 20 décembre 2024 marquera un tournant. Sinon, les fêtes de Noël et du Nouvel An resteront encore moroses, et la question résonnera plus fort que jamais : « Qui écoute Muanda ? »

Josué Muleli | NTEMO-CD

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