À Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, la population en colère a lynché, puis brûlé vif un présumé voleur dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 octobre 2024. Le drame a eu lieu au niveau de Mpozo dans la commune de Matadi sur la route nationale numéro 1.
Il s\’agit d\’un jeune homme de 22 ans nommé Kumba Ngoma Gervins alias Bololo accusé de vol de carburant.

D\’après les dernières informations, la victime brûlée était accompagnée de ses coéquipiers au moment de commettre leur forfait. Il serait pris la main dans le sac en train de siphonner du carburant dans un poids-lourds. Ses coéquipiers auraient, alors, pris fuite laissant leur collègue qui, finalement, est tombé entre les mains de la population.
Des sources locales renseignent que le jeune homme brûlé vif n\’était pas à son premier forfait. « Arrêté plusieurs fois, sa maman n\’a jamais cru que son enfant participait à cette pratique », a fait savoir un habitant du quartier.

Un officier de police judiciaire (OPJ) du commissariat Dimba Antoine condamne fermement cet acte de justice populaire et demande à la population de toujours tout remettre entre les mains de la justice. « Nous demandons à ce que la population ne puisse pas tuer les voleurs. C\’est une infraction. Une fois qu\’il est attrapé, il faut le mettre à notre disposition pour la justice », a-t-il dit.
Cet avis a été partagé par Me Merdie Lufule qui s\’est insurgé en ces mots : « La population ne peut pas se faire magistrat à la place du magistrat. Dès lors que vous avez un suspect que vous arrêtez, vous devez l\’envoyer auprès des autorités compétentes afin de le présenter à son juge naturel qui va établir sa culpabilité. La réaction de la population est méchante. Elle viole les droits humains ».
L\’insécurité à Matadi, surtout sur la RN1, est un problème récurrent qui a des causes multiples et complexes. Les facteurs socio-économiques, le manque de moyens des forces de l\’ordre etc, sont autant d\’éléments qui contribuent à cette situation.
Pour y remédier, il est nécessaire d\’adopter une approche globale qui associe la répression des actes criminels à des actions de prévention et de développement.
Josué Muleli
