Au Kongo Central, le Bureau de l’Assemblée provinciale tente de reprendre la main sur une séquence institutionnelle devenue hautement inflammable. Au terme de sa 7ᵉ réunion tenue ce samedi 9 mai 2026, le rapporteur adjoint Guylain Panzu Tsasa Mangovo a affirmé que l’organe délibérant continue de fonctionner « normalement », malgré les fortes turbulences politiques provoquées par l’arrêt de la Cour constitutionnelle réhabilitant un député provincial à la présidence de l’Assemblée provinciale.
Dans un climat saturé de spéculations et de commentaires relayés sur les réseaux sociaux, le Bureau a voulu afficher une posture de fermeté institutionnelle. « Nous tenons à informer l’opinion provinciale et nationale que les institutions du Kongo Central fonctionnent normalement », a déclaré Guylain Panzu, précisant que cette stabilité concerne avant tout le fonctionnement régulier de l’Assemblée provinciale.
S’agissant de l’arrêt de la Cour constitutionnelle, le Bureau affirme en avoir pris connaissance de manière informelle, sans avoir encore reçu de notification officielle de la haute juridiction. Une nuance que l’Assemblée provinciale considère déterminante avant toute exécution administrative ou prise de position officielle.

Tout en reconnaissant le caractère immédiatement exécutoire des arrêts de la Cour constitutionnelle, conformément à l’article 168 de la Constitution, Guylain Panzu Tsasa Mangovo a rappelé qu’aucune institution ne peut appliquer une décision qui ne lui a pas encore été formellement notifiée.
Le Bureau souligne également qu’un arrêt ne devient pleinement opposable qu’après sa publication au Journal officiel et sa notification aux parties concernées. « Le Bureau ne peut exécuter un arrêt qui ne lui a pas encore été notifié », a insisté le rapporteur adjoint, avant d’assurer que l’Assemblée provinciale prendra position dès réception officielle de la décision.
Cette sortie intervient dans un contexte de crispation politique croissante au Kongo Central, où plusieurs dossiers sensibles notamment le réquisitoire visant le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo alimentent désormais une bataille institutionnelle aux ramifications aussi bien politiques que judiciaires.
Josué Muleli
