Le climat politique reste incandescent à Matadi au lendemain de l’arrêt de la Cour constitutionnelle réhabilitant Papy Mantezolo Diatezua à la tête de l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Dans la matinée de ce vendredi 8 Mai 2026 encore, plusieurs membres et partisans de l’UDPS ont investi les rues de la capitale provinciale pour exprimer leur rejet catégorique d’une décision judiciaire qui continue de provoquer de fortes secousses au sein de la scène politique locale.

Dans plusieurs coins de la ville, des groupes de militants ont affiché leur soutien à Victor Nsuami Mpaka, actuel président de l’organe délibérant provincial et figure politique issue des rangs du parti présidentiel. Pour ces manifestants, l’arrêt rendu par la Haute Cour vient bouleverser un équilibre politique qu’ils estiment légitimé par les élections internes organisées en octobre 2025.

À mesure que les heures avançaient, la tension est montée d’un cran dans certains secteurs de Matadi. Des barricades de fortune ont été érigées sur plusieurs axes stratégiques, tandis que des pneus incendiés projetaient dans l’air d’épais nuages de fumée noire, symbole d’une colère politique désormais visible jusque dans les rues de la ville portuaire.

Autour du siège provincial de l’UDPS, l’atmosphère était particulièrement électrique. Chants militants, slogans hostiles au retour de Papy Mantezolo et dénonciations virulentes de la décision de la Cour constitutionnelle ont rythmé cette mobilisation spontanée qui témoigne des profondes fractures politiques traversant actuellement le Kongo Central.

Cette poussée de tension intervient quelques heures seulement après l’arrêt de la Cour constitutionnelle ayant annulé les actes à la base de la destitution et de la suspension de Papy Mantezolo. En restaurant juridiquement l’ancien président de l’Assemblée provinciale dans ses fonctions, la Haute Cour a rebattu les cartes d’une crise institutionnelle qui empoisonne depuis plusieurs mois le fonctionnement de l’organe délibérant.

Mais sur le terrain politique, cette réhabilitation est loin de faire l’unanimité. Pour une partie des militants de l’UDPS, il ne s’agit pas seulement d’un dossier judiciaire, mais d’une bataille autour de la légitimité du pouvoir au sein de l’Assemblée provinciale. Plusieurs manifestants accusent désormais les institutions judiciaires d’interférer dans un choix qu’ils considèrent comme relevant de la souveraineté des députés provinciaux.

Dans les cercles politiques de Matadi, beaucoup redoutent désormais une radicalisation des tensions autour du perchoir provincial. La confrontation entre légalité constitutionnelle et légitimité politique semble avoir ouvert une nouvelle séquence de crispation dont l’issue reste encore incertaine.

Alors que les autorités provinciales suivent de près l’évolution de la situation, le Kongo Central apparaît plus que jamais suspendu à l’évolution d’une crise où se mêlent rivalités politiques, enjeux institutionnels et démonstrations de force dans la rue.
Josué Muleli
