Kongo central/Matadi : les kiosques devant la concession Fretin rasés, les gants sortis nuitemment près de la RTNC

Démolition nocturne à Matadi : les autorités passent à l’action après des mois de tensions.

Ntemo
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Dans la nuit de jeudi 2 à vendredi 3 Avril 2026, aux environs de 2 heures du matin, plusieurs kiosques et petites boutiques érigés le long de la concession Fretin, à l’entrée de la route menant à la station provinciale de la RTNC à Matadi, ont été démolis par les autorités compétentes. Une opération nocturne qui met un terme à plusieurs mois de bras de fer entre occupants et autorités.

D’après des sources concordantes, les tenanciers avaient été officiellement notifiés dès le mois de décembre dernier de l’obligation de libérer les lieux. Une mesure qui avait suscité une vive contestation. Le 19 décembre, les concernés avaient manifesté leur colère en brûlant des pneus, avant de se rendre au bureau de l’Assemblée provinciale pour tenter d’obtenir l’annulation de la décision.

Malgré cette mobilisation, l’ordre de déguerpissement est resté inchangé. Il fait suite à une instruction du Parquet général près la Cour d’appel du Kongo Central, appelant les autorités urbaines de Matadi à exécuter la décision, après une plainte introduite par le propriétaire de la concession Fretin.

Selon ce dernier, l’occupation des lieux représentait un danger réel, notamment en raison du risque d’effondrement du mur de la concession, susceptible de mettre en péril la vie des occupants ainsi que celle des passants.

L’opération, menée tard dans la nuit, a pris de court plusieurs commerçants. Certains affirment ne pas avoir eu le temps de récupérer leurs marchandises. Ce vendredi matin, le site offre un spectacle de désolation, jonché de débris, témoignant de la brutalité de l’intervention.

Cet épisode relance le débat sur l’occupation anarchique des espaces publics à Matadi, mais aussi sur la gestion sociale des opérations de déguerpissement, souvent sources de tensions entre les autorités et les petits commerçants.

Exode Manonga

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