Au village de Minkelo Gare, dans le secteur de Luima, territoire de Songololo, l’École primaire Kindundu 1 traverse les années dans un état de dégradation avancée qui interroge sur les réalités de l’éducation en milieu rural. Sur place, le constat dressé par le journaliste d’investigation Joli Toko révèle un environnement scolaire marqué par la fragilité des infrastructures et le manque criant d’équipements de base.

Certaines salles de classe de cet établissement, construit en briques cuites, sont couvertes de toitures confectionnées à partir de feuilles de palmier communément appelées Nianga. D’autres bâtiments, inachevés ou dépourvus de toiture, exposent élèves et enseignants aux intempéries. À chaque pluie, les activités scolaires deviennent difficiles, parfois impossibles, dans une école où apprendre relève désormais d’un équilibre précaire entre volonté et résignation.

À l’intérieur des salles encore utilisables, les pupitres portent les stigmates du temps. Bois usés, installations rudimentaires et absence d’équipements adaptés composent le quotidien des écoliers. Malgré ces conditions, filles et garçons continuent de fréquenter l’établissement avec une régularité qui contraste avec l’état général des infrastructures.



Selon les responsables administratifs de l’école, l’EP Kindundu 1 existe depuis 1974 et n’a jamais bénéficié d’une réhabilitation majeure depuis sa création. Une réalité qui, au fil des décennies, a progressivement installé l’établissement dans une forme de survie permanente. Les quelques moyens disponibles proviennent essentiellement des contributions scolaires versées par les parents, des ressources jugées insuffisantes pour répondre aux besoins structurels de l’école.

À travers son investigation de terrain, Joli Toko montre une situation que plusieurs habitants de Minkelo Gare considèrent comme symptomatique des difficultés que rencontrent certaines écoles publiques éloignées des grands centres urbains. Entre bâtiments vieillissants, manque d’entretien et faibles capacités d’investissement, l’EP Kindundu 1 apparaît aujourd’hui comme le reflet d’un système éducatif confronté à de profondes disparités territoriales.

Face à cette situation, les autorités de l’établissement lancent un appel aux responsables provinciaux et aux élus du territoire de Songololo afin qu’une attention particulière soit accordée à cette école. Elles espèrent notamment une réhabilitation des infrastructures, la construction de nouvelles salles de classe et l’amélioration des conditions d’apprentissage pour les générations futures.

Dans cette partie du Kongo Central, où l’école demeure l’un des rares leviers d’ascension sociale, l’EP Kindundu 1 continue malgré tout de faire vivre une ambition discrète mais tenace : celle de transmettre le savoir, même au milieu des murs fissurés et des toitures vacillantes.
Josué Muleli
