Lufu-frontière : après l’arrestation de 16 présumés criminels lors d’une opération Police–Wazalendo, la population réclame un procès sur place

Entre arrestations sécuritaires et exigence de justice locale, Lufu-frontière au cœur des tensions judiciaires.

Ntemo
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Dans le territoire de Songololo, au Kongo Central, une vaste opération sécuritaire menée le mercredi 13 Mai dans le secteur de la Luima, précisément dans l’agglomération de Lufu-frontière, a conduit à l’arrestation d’environ seize personnes présentées comme des présumés criminels. Ces individus sont accusés par la population locale de semer, depuis plusieurs mois, un climat de peur marqué notamment par des actes de banditisme et une insécurité récurrente.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, cette opération a été rendue possible grâce à la collaboration entre les éléments de la Police nationale congolaise et des jeunes du groupe d’autodéfense « Wazalendo ». Selon plusieurs sources locales, ces derniers auraient joué un rôle déterminant dans l’identification et l’interpellation des suspects, dans une zone où les habitants dénoncent une montée persistante de l’insécurité.

À Lufu-frontière, l’annonce de ces arrestations a suscité un mélange de soulagement et de méfiance au sein de la population. Des habitants ainsi que plusieurs plaignants affirment craindre une éventuelle remise en liberté des personnes arrêtées, comme cela aurait déjà été observé dans certaines affaires antérieures. Face à cette inquiétude, ils demandent l’implication directe de l’auditorat militaire de Mbanza-Ngungu et souhaitent l’organisation d’un procès sur place afin de garantir, selon eux, la transparence de la procédure judiciaire et de rassurer les victimes.

Cette revendication traduit une fracture grandissante entre les attentes de la population et la perception locale du traitement judiciaire des dossiers criminels. Dans cette partie frontalière du Kongo Central, plusieurs habitants estiment qu’une réponse judiciaire visible et rapide pourrait contribuer à restaurer durablement la confiance envers les institutions et l’autorité de l’État.

L’opération n’a toutefois pas été sans conséquences. Au cours de l’intervention, un membre du groupe Wazalendo a été blessé par balle. Son état exact n’a pas été officiellement communiqué, mais des appels à la solidarité ont été lancés au sein de la communauté. Certains habitants rappellent que ces jeunes participent aux efforts sécuritaires sans rémunération, dans plusieurs cités et agglomérations du territoire de Songololo, souvent au péril de leur vie.

À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore été rendue publique concernant les charges retenues contre les personnes arrêtées ni sur les suites judiciaires envisagées. Pendant ce temps, à Lufu-frontière, la population reste suspendue à la réaction des autorités, dans l’espoir que cette opération marque un tournant concret dans la lutte contre l’insécurité qui affecte cette zone frontalière stratégique du Kongo Central.

NTEMO CD

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