Kongo Central/Songololo : peut-on parler de révolution agricole sans routes de desserte praticables ? Tribune de Joli Toko sur le discours de Grâce Bilolo

Quand les ambitions agricoles se heurtent à l’oubli des routes rurales : l’analyse critique de Joli Toko.

Ntemo
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La province du Kongo Central s’enorgueillit d’une « révolution agricole » annoncée par le gouverneur Grâce Bilolo. Mais à Songololo, où Nouvelle Vie exploite près de 500 hectares de manioc, je me pose cette question simple : comment parler de modernisation agricole si les routes de desserte restent impraticables ?

Grâce Bilolo, gouverneur du Kongo Central

Les projets privés foisonnent : Nouvelle Vie à Songololo, GER Plus à Luozi, ou encore le projet mécanisé Bak’agri de Cédric Bakambu à Seke-Banza. Tous promettent de transformer l’agriculture locale. Mais leur succès repose sur un facteur trop souvent oublié : la praticabilité des routes rurales. Sans elles, semences, engrais et récoltes stagnent, et le développement reste virtuel.

À Songololo, certaines pistes sont encore des chemins de boue inaccessibles en saison des pluies. Les producteurs peinent à acheminer leurs récoltes, et les initiatives privées, aussi ambitieuses soient-elles, risquent de devenir des succès isolés, incapables de générer un impact durable sur l’économie locale.

Je le dis clairement : une « révolution agricole » qui néglige la logistique et les infrastructures, c’est une révolution à moitié rêvée. La modernisation ne se décrète pas dans les discours. Elle se mesure à la réalité des champs, aux kilomètres de routes réhabilitées, aux tracteurs qui circulent et aux récoltes qui arrivent sur les marchés.

Joli Toko Maestro, journaliste d’investigation

Et là, je pose une autre question : combien de kilomètres de routes agricoles ont été réellement réhabilités à Songololo, Seke-Banza ou Luozi ? Quels résultats tangibles pour Nouvelle Vie ou Bak’agri ? Quels bénéfices pour les paysans qui restent la base de cette économie ? Tant de questions restent sans réponse.

La tribune n’a pas vocation à dénoncer pour dénoncer, mais à interpeller le gouverneur et l’État : soutenir les initiatives privées est indispensable, mais il faut des infrastructures solides pour que les projets atteignent leur objectif. Sinon, ce sont des ambitions flottantes, condamnées à demeurer abstraites.

En somme, il est urgent de passer de la promesse à la pratique. Sans routes praticables, sans accompagnement réel des producteurs, la « révolution agricole » annoncée risque de rester un slogan politique, et non une réalité économique pour Songololo et l’ensemble du Kongo Central.

JOLI TOKO, JOURNALISTE D’INVESTIGATION SUR NTEMO.CD

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