C’est une première à forte portée symbolique. Bandundu-ville accueille, ce vendredi 27 mars, la 84ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, présidée par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Au moment même de la rédaction de cet article, les travaux sont en cours, installant la capitale provinciale du Kwilu au cœur de la décision publique nationale.
Au-delà du caractère protocolaire, cette délocalisation inédite traduit une orientation claire du pouvoir exécutif : rapprocher les centres de décision des réalités territoriales. En tenant cette réunion hors de Kinshasa, l’exécutif envoie un signal politique fort en faveur d’une gouvernance plus inclusive, attentive aux dynamiques locales.
À l’ordre du jour figurent plusieurs dossiers majeurs, notamment l’examen de la situation générale du pays, la ratification de l’accord de coopération et de sécurité entre la RDC et la République de Türkiye, ainsi que des projets structurants liés à la sécurité nationale, à la connectivité des 145 territoires, à la mise en œuvre des numéros verts et à la modernisation des services douaniers.Mais derrière cette première historique se profile un autre rendez-vous d’envergure nationale. En effet, la tenue du Conseil des ministres à Bandundu-ville intervient en marge de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, qui réunit depuis plusieurs jours les exécutifs provinciaux et s’achève ce samedi 28 mars.

La présence du Président de la République et de plusieurs membres du gouvernement dans la ville s’explique ainsi d’abord par ce forum stratégique consacré à la gouvernance territoriale. Le Conseil des ministres du vendredi s’inscrit donc dans la continuité de la pratique institutionnelle, tout en tirant parti de cette concentration exceptionnelle des acteurs étatiques au même endroit.

Cette convergence confère à Bandundu-ville un rôle inédit : celui de centre névralgique temporaire de la gouvernance nationale, où se croisent décisions stratégiques et préoccupations des provinces.Une séquence politique qui souligne, au-delà de l’événement, la volonté des autorités de mieux articuler l’action gouvernementale avec les réalités du terrain, dans une dynamique de proximité et d’efficacité.
Josué Muleli
