Matadi, Kongo Central – Le procès en flagrance du policier Jean Amigo Kalambay, poursuivi pour menaces et violences à l’encontre d’une magistrate et d’un avocat, a été une nouvelle fois ajourné ce lundi 23 Mars 2026 devant le Tribunal militaire de garnison de Matadi. La raison du report : le prévenu doit pouvoir être assisté par ses avocats venus spécialement de Kinshasa, après avoir refusé l’assistance des défenseurs militaires.

L’affaire avait déjà suscité l’émoi dans la ville portuaire, alors que le policier, présenté comme garde d’un député provincial élu de Seke-Banza, est accusé d’avoir menacé de mort une magistrate et son avocat, le 18 mars dernier, au centre-ville de Matadi. Selon les témoins, l’incident est survenu lorsqu’il tentait de libérer le passage pour le véhicule de l’élu.
Lors de l’audience, le ministère public a exigé la présence des responsables de l’administration du Commissariat provincial de la police du Kongo Central, tandis que la partie civile a demandé la comparution du député national Stallone Mavungu, du député provincial Joachim Mavungu, ainsi que du chauffeur de ce dernier.

Le Tribunal a également ordonné que l’arme et la matraque du policier, actuellement gardées à la guérite du député provincial, soient présentées comme pièces à conviction lors de la prochaine audience. Dans sa défense, Jean Amigo Kalambay a reconnu avoir outragé la magistrate, mais a fermement nié avoir pointé son arme sur elle, affirmant qu’il ignorait au départ qu’il s’agissait d’une magistrate.
Le Tribunal examine actuellement cinq faits infractionnels reprochés au prévenu, parmi lesquels l’outrage à un officier du ministère public, l’usage de faux, la situation administrative irrégulière et la violation des consignes. Le Tribunal a précisé que le policier se trouve en situation administrative irrégulière à Matadi.

Ses documents d’affectation indiquent qu’il aurait dû être en détachement à Kinshasa, chargé d’assurer la sécurité de la résidence du député national Stallone Mavungu. L’audience précédente avait été suspendue en raison de l’état de santé du prévenu. Ce nouvel ajournement témoigne des efforts du Tribunal pour garantir le respect du droit à la défense, tout en faisant toute la lumière sur cette affaire qui a profondément marqué l’opinion publique locale.
Exode Manonga
