Une nouvelle séquence vient s’ajouter au feuilleton judiciaire entourant Papy Mantezolo Diatezua. Selon des informations rapportées par Top Congo FM et recoupées par plusieurs sources dignes de foi, l’ancien président de Assemblée provinciale du Kongo Central aurait été interpellé alors qu’il tentait, nuitamment, de traverser le fleuve Congo en pirogue pour rejoindre Brazzaville, capitale du Congo d’en face.
D’après ces sources proches du dossier, l’opération aurait été engagée dans des conditions inhabituelles, loin des circuits officiels de traversée entre Kinshasa et Brazzaville. Un tel déplacement, effectué de nuit et hors des horaires réglementaires, a rapidement attiré l’attention des services de sécurité. Pour plusieurs observateurs cités par la radio, cette tentative de traversée soulève des interrogations, d’autant plus que l’ancien speaker provincial était attendu par la justice congolaise dans le cadre d’une procédure déjà engagée contre lui.

Certains évoquent la possibilité que ces circonstances puissent être interprétées comme un élément aggravant dans le dossier, notamment sous l’angle d’une éventuelle obstruction à la justice.Le dossier judiciaire visant Papy Mantezolo Diatezua s’est construit au fil des derniers mois autour de présumées irrégularités dans la gestion administrative, financière et patrimoniale de l’Assemblée provinciale du Kongo Central durant son mandat à la tête de l’institution.
Dans ce contexte, le Parquet général près la Cour de cassation avait adressé plusieurs convocations au député provincial élu de Luozi. Les audiences étaient fixées successivement les 4, 11 et 18 mars, mais l’intéressé ne s’y était pas présenté.Ses avocats, cités par Top Congo FM, soutiennent pour leur part que leur client attendait une nouvelle autorisation de l’Assemblée provinciale du Kongo Central avant de se présenter devant les magistrats. Selon eux, malgré les divergences juridiques sur la procédure, il envisageait de répondre à l’audition programmée pour le 25 mars.

Cette argumentation est toutefois contestée par certains spécialistes du droit, qui rappellent que les poursuites ont été engagées à la suite d’une mise en accusation adoptée par l’Assemblée provinciale elle-même. Dans cette perspective, le ministère public aurait agi dans le cadre d’une procédure régulière déjà enclenchée. Par ailleurs, la tentative de traversée nocturne évoquée dans cette affaire intervient dans un contexte réglementaire strict. Le transit fluvial entre Kinshasa et Brazzaville est encadré par les services de migration, notamment la Direction générale de migration, ainsi que par les autorités portuaires des deux rives du fleuve.

Les traversées officielles sont autorisées uniquement durant la journée, généralement entre 8 heures et 17 heures du lundi au samedi, et jusqu’à midi les dimanches et jours fériés. Passé ces horaires, les contrôles migratoires cessent et toute traversée nocturne est assimilée à une entrée irrégulière ou à une activité de contrebande.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore été faite par les autorités judiciaires sur les suites réservées à cet épisode. Mais une chose apparaît déjà clairement : la tentative de traversée vers Brazzaville introduit une nouvelle dimension dans un dossier qui, depuis plusieurs semaines, occupe une place croissante dans le débat politico-judiciaire autour de la gestion de l’Assemblée provinciale du Kongo Central.
Josué Muleli
