Les nouveaux frais scolaires fixés pour l’année 2026-2027 au Kongo Central font apparaître une hausse par rapport au barème appliqué en 2025-2026. Signé par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, le nouvel arrêté revoit à la hausse plusieurs montants dus dans l’enseignement secondaire et technique, alors que la gratuité reste maintenue pour les classes du cycle primaire dans les établissements publics.
La comparaison des deux barèmes fait ressortir des écarts significatifs. Pour l’enseignement maternel et le C.T.E.B., les frais du premier trimestre passent de 51.000 à 69.200 francs congolais. En pédagogie, littérature et sciences, ils évoluent de 52.000 à 70.200 CDF. Les filières commerciales, sociales et de gestion passent de 55.000 à 73.200 CDF, tandis que l’agricole et la coupe-couture atteignent 74.200 CDF, contre 56.000 l’année précédente. Dans la technique industrielle, le montant passe de 60.000 à 82.200 CDF.
Sur l’ensemble de l’année scolaire, l’écart devient plus visible. Pour le maternel et le C.T.E.B., le cumul des trois trimestres passe de 149.000 à 202.400 CDF. En pédagogie, littérature et sciences, il atteint 205.600 CDF contre 152.000 auparavant. Dans la technique industrielle, le montant annuel passe de 176.000 à 241.600 CDF. Le nouvel arrêté maintient toutefois la gratuité de toutes les classes du cycle primaire dans les établissements publics. Cette disposition figurait déjà dans le barème 2025-2026. Le minerval annuel reste également fixé à 1.500 CDF par élève.

La hausse concerne donc principalement les niveaux situés au-delà du primaire, notamment l’enseignement secondaire et technique. Elle intervient dans un contexte où la gratuité de l’enseignement de base demeure un axe majeur de la politique éducative en République démocratique du Congo. Le texte prévoit par ailleurs plusieurs frais spécifiques, dont 200 CDF par élève pour les activités sportives et parascolaires ainsi que 1.000 CDF pour le bulletin scolaire. Il encadre également certaines contributions et interdit plusieurs frais supplémentaires, afin de limiter les prélèvements non prévus par le barème.
Reste la question du coût réel supporté par les ménages. Aux frais scolaires s’ajoutent généralement le transport, les fournitures, l’uniforme et d’autres dépenses liées à la scolarité. Pour les familles, la progression des montants fixés par le nouvel arrêté pourrait ainsi avoir un impact plus large que celui visible sur les seules lignes du barème. La comparaison entre les deux années scolaires soulève dès lors des interrogations sur les mécanismes ayant conduit à cette révision tarifaire, les besoins de financement des établissements et les mesures permettant de préserver l’accès des élèves à l’enseignement secondaire et technique.
Au-delà des chiffres, le nouvel arrêté place ainsi la question du financement de la scolarité au centre du débat : comment concilier les besoins de fonctionnement et de qualité des établissements avec la capacité contributive des familles, alors que la gratuité demeure limitée au cycle primaire dans les établissements publics ?
Josué Muleli
