New York, 21 septembre 2026 – La Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, est arrivée lundi à New York, à 17 heures 00 locale , pour prendre part à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui réunit cette semaine de nombreux chefs d’État et de Gouvernement autour de grands enjeux internationaux.
À son arrivée, elle a été accueillie notamment par le Représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU, l’Ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, l’Ambassadrice de la RDC à Washington, Yvette Ngandu, et la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Une délégation de Congolais vivant aux États-Unis était également présente pour lui souhaiter la bienvenue.
Une première journée consacrée aux préparatifs

L’agenda de la Première Ministre prévoit plusieurs rencontres bilatérales et des échanges avec des partenaires internationaux, avant sa prise de parole à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU prévue mercredi 23 septembre. Cette déclaration devrait notamment porter sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par la poursuite des hostilités impliquant l’AFC-M23 et le soutien de ce mouvement terroriste par le Rwanda.
À la tribune de l’ONU, Kinshasa devrait rappeler les décisions déjà prises par le Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773 en 2025, qui demande au Rwanda de cesser son soutien au M23 et de retirer immédiatement et sans condition ses forces du territoire de la RDC. La résolution demande également au M23 de cesser les hostilités, de se retirer des zones qu’il contrôle et de mettre fin à l’établissement d’administrations parallèles sur le territoire congolais. La République démocratique du Congo pourrait ainsi revendiquer la mise en œuvre effective des décisions du Conseil de sécurité, la protection des populations civiles ainsi que le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Avant sa prise de parole à l’ONU, Judith Suminwa Tuluka doit également intervenir devant un panel de la Chambre de commerce américaine, à Hudson Yards, où sont attendus plus de 450 représentants d’entreprises intéressés par les opportunités d’investissement en RD Congo.
Sécurité, Ebola et environnement au cœur des messages

La question sanitaire devrait aussi occuper une place importante dans les échanges de la Première Ministre. Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola, le Gouvernement congolais entend mettre en avant les moyens déjà engagés par l’État ainsi que l’expérience acquise au fil des précédentes épidémies.
Kinshasa pourra entres autres rappeler que le Gouvernement a mobilisé, dès le déclenchement de l’épidémie, 50 millions de dollars américains sur ressources propres pour financer le plan national de riposte contre Ebola. Cette enveloppe est destinée à soutenir les différentes composantes de la réponse, notamment à financer le plan initial de riposte d’urgence.
À New York, Judith Suminwa Tuluka rencontrera par ailleurs la Directrice générale du CDC américain, dans le cadre d’une coopération sanitaire entre la RDC et cette institution qui remonte à plus de deux décennies. Le CDC américain a établi son bureau en RDC en 2002 et accompagne depuis les autorités congolaises dans la surveillance épidémiologique, le renforcement des laboratoires, la formation des équipes et la réponse aux épidémies, notamment Ebola.
Cette rencontre, ainsi que les échanges avec Africa CDC, devrait permettre de mettre en avant une approche fondée sur des partenariats de long terme, dans lesquels la RDC entend travailler avec ses partenaires sur une base d’équité, de responsabilité partagée et d’intérêts mutuels. Il s’agit, pour Kinshasa, de consolider les capacités nationales tout en développant avec les partenaires internationaux des réponses durables aux urgences sanitaires.
La Cheffe du Gouvernement devrait ainsi rappeler que la riposte contre Ebola ne repose pas uniquement sur l’appui extérieur. Elle s’appuie d’abord sur la mobilisation de l’État congolais, renforcée par l’expertise et les moyens des partenaires internationaux avec lesquels la RDC entretient des relations de coopération de longue date.
Les échanges prévus avec le CDC américain, Africa CDC et d’autres partenaires devraient dès lors porter à la fois sur la réponse à l’épidémie actuelle et sur le renforcement durable du système de santé congolais. L’environnement devrait constituer un autre axe du message congolais. Avec une part majeure du bassin du Congo située sur son territoire, la RDC dispose d’un patrimoine forestier et de tourbières qui joue un rôle important dans la régulation du climat et le stockage du carbone.
La Première Ministre pourrait ainsi mettre en avant la nécessité de partenariats permettant à la RDC de préserver ses forêts et ses écosystèmes tout en poursuivant son développement économique et social. Le financement climatique, la valorisation des ressources naturelles et la contribution de la RDC à la lutte contre le changement climatique devraient ainsi figurer parmi les sujets abordés au cours de cette semaine de haut niveau.
Diplomatie et investissements au cœur de la mission

Le programme de la Cheffe du Gouvernement comprend également l’ouverture du débat général, un déjeuner traditionnel Belgique-RDC et une réception organisée par le président américain Donald Trump.
Plusieurs rencontres thématiques sont prévues en marge de l’Assemblée générale. Elles porteront notamment sur la commémoration des 75 ans de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, la lutte contre Ebola, ainsi que sur une table ronde organisée par la RDC autour du thème « Ressources naturelles, intelligence artificielle et nouvelle géopolitique de la paix et de la sécurité ».
Judith Suminwa Tuluka doit en outre échanger avec des responsables d’Antigua-et-Barbuda, du Sénégal, des Émirats arabes unis, et de Trinité-et-Tobago. Des rencontres sont annoncées avec le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, ainsi qu’avec des responsables du PNUD, d’ONU Femmes, du HCR, de l’UNFPA, de l’OMS, du PAM, de l’OIM et de la BAD.

D’autres bilatérales sont prévues avec l’Espagne, le Portugal, le Vietnam et les États-Unis. La Première Ministre doit spécialement participer au lancement du Comité USA-RDC consacré au projet du barrage d’Inga. Le volet économique constitue l’autre dimension majeure de cette mission. La rencontre avec plus de 450 entreprises américaines doit permettre de présenter les opportunités d’investissement en RDC, notamment dans les secteurs des mines, de l’énergie, des infrastructures et du numérique.
Le projet du barrage d’Inga devrait occuper une place particulière dans ces échanges, alors que Kinshasa cherche à attirer des partenaires capables d’accompagner le développement de ses capacités énergétiques et de ses infrastructures. La semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, qui se déroule du 22 au 28 septembre, doit ainsi permettre à la RDC de porter ses priorités sur les questions de paix et de sécurité, de santé, d’environnement, de coopération internationale et d’investissement.
NTEMO CD
