La criminalité continue de semer la terreur à Matadi, chef-lieu du Kongo Central. Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 décembre, Alain Luzolo, un cambiste bien connu dans la ville de Matadi, a été froidement assassiné dans son domicile situé sur l’avenue Tombe, au quartier Dibua Nsakala, dans la commune de Nzanza. Cette tragédie s’ajoute à une série de meurtres visant des cambistes dans le chef-lieu de la province, exacerbant le sentiment d’insécurité parmi la population.
Une attaque minutieusement orchestrée

Les faits se sont déroulés entre minuit et 3 heures du matin. Une trentaine de malfaiteurs armés et encagoulés ont encerclé l’avenue Tombe, interdisant toute circulation et menaçant quiconque tenterait d’alerter. Les assaillants, équipés de fusils de calibre 12, de pistolets et de machettes, ont utilisé une scie pour sectionner les barres métalliques de la porte principale avant de défoncer celle en bois pour accéder à la maison d’Alain Luzolo.
Une fois à l’intérieur, trois des bandits se sont directement attaqués au cambiste et à sa famille. « Où est l’argent ? Sinon, nous allons tuer cet enfant », auraient-ils menacé en désignant la petite fille de la victime. Sous cette pression, Alain Luzolo a tenté de coopérer, mais les agresseurs ont fini par localiser eux-mêmes une somme de 500.000 FC (environ 176 $) grâce à un détecteur. Ils ont également emporté des téléphones et un sac appartenant au fils du cambiste.
Alors qu’ils quittaient la maison, Luzolo aurait identifié l’un des assaillants. Cette reconnaissance a scellé son sort : deux balles tirées à la hanche et une blessure à la tête infligée à l’aide d’une machette ont laissé la victime dans un état critique.
Un crime motivé par l’argent d’une tontine

Selon des témoignages, les assaillants recherchaient une somme importante liée à une tontine récemment perçue par le cambiste. L’argent avait été déposé à la banque, mais cela n’a pas empêché les criminels de commettre leur forfait avec une violence extrême.
Les voisins, impuissants face à cette attaque, ont été réduits au silence par des menaces directes. « Ils nous ont dit de garder notre calme, qu’ils n’étaient pas venus chez nous », rapporte un témoin.
Des vies brisées, une communauté en deuil

Malgré une tentative de secours rapide, Alain Luzolo a succombé à ses blessures après avoir été transféré à l’hôpital provincial de référence de Kinkanda. Ce meurtre vient s’ajouter à une liste macabre : au moins dix cambistes ont été tués à Matadi en 2024, toujours dans des circonstances similaires.
Le cambiste, une cible vulnérable

Cette série noire met en lumière la précarité de la sécurité des cambistes, souvent perçus comme des cibles faciles par les criminels. Avec l\’argent qu\’ils manipulent régulièrement, ils deviennent des proies de choix pour des malfaiteurs de plus en plus audacieux.
Face à cette insécurité grandissante, les autorités locales restent largement critiquées pour leur incapacité à prévenir ces actes et protéger les citoyens. La population, quant à elle, vit dans une peur constante, renforcée par l\’absence de mesures dissuasives ou de justice rapide.
Le meurtre d\’Alain Luzolo, père de famille et pilier de sa communauté, rappelle douloureusement que l\’insécurité n\’épargne personne. La population de Matadi attend des réponses concrètes et des actions immédiates pour faire face à cette crise sécuritaire qui gangrène la ville.
Josué Muleli
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