Une vive tension s\’est emparée du port international de Matadi ce vendredi 27 décembre 2024. Les journaliers de l’Office National des Transports (ONATRA SA) ont décidé de faire entendre leur voix en protestant contre le retard prolongé dans le paiement de leurs salaires.
« Nous ne voulons pas fêter le nouvel an sans moyens. Nous ne demandons rien d’autre que le minimum vital pour nos familles », a déclaré un manifestant, le visage marqué par la fatigue et la frustration.

D’après plusieurs travailleurs sur place, certains accusent jusqu’à trois mois de salaires impayés. À quelques jours des festivités de fin d’année, leur cri de détresse est clair : ils exigent le paiement immédiat du mois de décembre. « Nos enfants nous regardent, nos femmes nous questionnent. Comment justifier cette situation alors que nous avons accompli notre travail ? », se plaint un gréviste.
Le port de Matadi, considéré comme le cœur des activités commerciales et économiques du Kongo Central, tourne au ralenti depuis le début de la grève. Les opérations de déchargement et de manutention sont largement perturbées, provoquant une montée d\’inquiétude parmi les opérateurs économiques.

Ce n’est pas la première fois que les travailleurs de l’ONATRA manifestent pour des raisons similaires. Les retards de paiement, le manque de considération et les conditions de travail difficiles sont devenus un triste refrain. « Cette situation nous pousse à bout. Nous n’avons plus confiance dans les promesses non tenues de la direction », confie un syndicaliste.
Pour l’heure, ni la direction de l’ONATRA SA ni les autorités provinciales n’ont réagi officiellement à cette grève. Des sources internes rapportent toutefois que des discussions seraient en cours pour trouver une issue à cette impasse.

Alors que le pays s’apprête à tourner la page de 2024, les grévistes espèrent que leur mobilisation incitera les décideurs à agir rapidement. « Nous ne voulons pas de promesses, mais des actes concrets. Le nouvel an doit être synonyme d’espoir, pas de désespoir », conclut un gréviste.
L’avenir des activités portuaires à Matadi reste incertain, et les regards sont désormais tournés vers l’ONATRA et les autorités locales pour désamorcer cette crise qui menace de s’enliser.
Josué Muleli
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