À Matadi (Kongo Central), le paysage du transport urbain vient de connaître un réajustement notable qui ne laisse personne indifférent. Depuis ce lundi 11 mai 2026, la course de taxi est officiellement fixée à 700 francs congolais, marquant une nouvelle étape dans l’équilibre fragile entre coût de la vie et mobilité urbaine.

Cette décision s’inscrit dans le sillage direct de la hausse du prix du carburant à la pompe, passé de 2.400 à 2.640 francs congolais. Une progression qui, bien que progressive en apparence, agit comme un levier immédiat sur toute la chaîne du transport public, où chaque variation du litre se répercute mécaniquement sur le quotidien des usagers.

La mesure a été entérinée à l’issue d’une réunion de concertation présidée par le Maire de Matadi, Dominique Nkodia Mbete. Autour de la table figuraient les représentants de la division provinciale de l’Économie, des Transports et des Communications, ainsi que les délégués de l’Association des chauffeurs du Congo, dans un échange où les réalités du terrain ont été confrontées aux impératifs économiques.

Les discussions ont mis en lumière une équation devenue incontournable : comment maintenir un service de transport viable sans asphyxier un pouvoir d’achat déjà sous pression. Dans ce contexte, les chauffeurs ont exposé les contraintes liées à l’exploitation quotidienne, tandis que les autorités ont insisté sur la nécessité d’un équilibre socialement acceptable.

Au terme des échanges, un compromis a émergé, fixant le nouveau tarif à 700 FC pour la course de taxi. Une décision présentée comme un ajustement rationnel face aux fluctuations du marché des carburants, mais aussi comme une réponse pragmatique à une réalité économique en constante mutation.

Désormais, ce nouveau tarif s’impose dans les artères de Matadi, redessinant subtilement les habitudes de déplacement des habitants. Dans une ville où chaque variation de prix raconte une tension plus large, celle du coût de la vie, cette révision tarifaire apparaît comme un indicateur supplémentaire des défis structurels du transport urbain au Kongo Central.

Josué Muleli
