À peine une semaine après leur entrée en fonction, deux membres du gouvernement provincial du Kongo Central ont choisi de se retirer. Une décision aussi rapide qu’inattendue, qui intervient dans un contexte politique particulièrement sensible au sein de la province.
Selon plusieurs sources concordantes, Joseph Nsalambi Ngabakita, en charge du Plan, du Budget, de la Fonction publique, des PTNTIC et du Numérique, ainsi que Jean Kimboko Ndombasi, ministre de la Santé, des Affaires sociales, de la Communication et également porte-parole du gouvernement provincial, ont officiellement déposé leur démission ce mardi 5 mai auprès du gouverneur de province. Tous deux avaient été nommés le 28 avril dernier dans le cadre d’un réaménagement technique de l’exécutif provincial.
Dans leurs correspondances, les deux désormais ex-ministres évoquent des « convenances personnelles » pour justifier leur départ. Une explication formelle qui, en l’état, ne permet pas d’éclairer pleinement les motivations réelles de cette double démission intervenue dans un délai particulièrement court.
En coulisses, certaines sources au sein de l’Assemblée provinciale avancent une autre lecture. Les deux personnalités concernées pourraient réintégrer leurs sièges de députés provinciaux afin de renforcer le groupe dit « G17 », un bloc parlementaire réputé proche du gouverneur de province. Ce repositionnement politique interviendrait à un moment charnière, alors que l’exécutif provincial fait face à une pression judiciaire croissante.

Le gouverneur est en effet visé par un réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, qui a sollicité auprès de l’Assemblée provinciale l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire dans une affaire présumée de détournement de deniers publics. Une procédure qui pourrait avoir des implications institutionnelles majeures pour la gouvernance de la province.
Dans ce contexte, la recomposition des forces au sein de l’Assemblée provinciale apparaît comme un enjeu déterminant. Le renforcement éventuel du G17 pourrait peser sur l’issue des débats à venir, notamment dans le cadre de l’examen du réquisitoire.
Une séance plénière est d’ailleurs convoquée pour ce jeudi 7 mai afin de statuer sur la demande du procureur général. Ce rendez-vous parlementaire s’annonce décisif, tant pour l’évolution de la procédure judiciaire que pour les équilibres politiques au sein des institutions provinciales.
En attendant, la double démission de ces deux ministres souligne la volatilité du contexte politique au Kongo Central, où les dynamiques institutionnelles et les stratégies d’acteurs continuent de redessiner les rapports de force à un rythme soutenu.
LA RÉDACTION
