RDC : l’UDPS durcit le ton et sollicite un mandat d’arrêt international contre Joseph Kabila

Kinshasa intensifie la pression après les sanctions américaines visant Joseph Kabila.

Ntemo
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Le ton monte d’un cran sur la scène politique congolaise. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, franchit un seuil supplémentaire en appelant ouvertement les autorités américaines à envisager un mandat d’arrêt international contre l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila, dans le sillage des sanctions récemment annoncées par Washington.

Cette position a été rendue publique par le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, à l’issue d’une marche organisée à Kinshasa, ce lundi 4 Mai 2026, pour notamment soutenir les mesures américaines. Dans une déclaration à forte portée politique, il affirme que cette requête a été formellement adressée aux autorités des États-Unis, avec une interpellation directe du président Donald Trump.

« Nous avons voulu démontrer que notre parti soutient pleinement la position américaine. Mais au-delà, nous avons demandé si les États-Unis pouvaient envisager un mandat d’arrêt international contre l’ancien président », a déclaré Augustin Kabuya, inscrivant ainsi la démarche de l’UDPS dans une logique de pression diplomatique assumée.

Cette initiative intervient quelques jours après l’annonce, le 30 avril, de sanctions ciblées prises par le département du Trésor américain, via l’OFAC, contre Joseph Kabila. Washington évoque un soutien présumé de ce dernier à des groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, notamment le M23 et l’Alliance du fleuve Congo, deux mouvements au cœur des tensions sécuritaires persistantes.

En appelant à un mandat d’arrêt international, l’UDPS opère un glissement stratégique, cherchant à déplacer le débat du registre politique vers une éventuelle judiciarisation à l’échelle internationale. Une démarche qui, si elle reste à ce stade déclarative, traduit une volonté de durcir le rapport de force et d’ancrer la question des responsabilités dans un cadre plus contraignant.

Cependant, la concrétisation d’un tel mandat repose sur des mécanismes juridiques complexes, impliquant généralement des juridictions internationales ou des coopérations judiciaires formalisées. En l’état, la requête formulée par l’UDPS s’apparente davantage à un signal politique fort qu’à une procédure juridiquement enclenchée.

Dans un contexte national marqué par des tensions persistantes et une crise sécuritaire aiguë à l’Est, cette sortie souligne la radicalisation progressive du discours politique. Elle participe également à redéfinir les contours du débat public, où la frontière entre responsabilité politique et poursuites judiciaires tend à s’estomper.

À Kinshasa, cette séquence ouvre une nouvelle phase d’incertitude, où les enjeux internes se mêlent étroitement aux dynamiques internationales. Entre affirmation de souveraineté et recherche d’appuis extérieurs, le pouvoir congolais semble désormais engagé dans une stratégie où la diplomatie se conjugue avec une volonté affichée de reddition des comptes.

Josué Muleli

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