Lors d’une conférence dont la vidéo est devenue virale, André Wameso, gouverneur de la Banque Centrale du Congo, a suggéré que 50% des offrandes et dîmes soient orientés vers le financement des PME. Une idée qui a déclenché un vif débat entre appel à la solidarité nationale et accusations d’ingérence.
Une séquence vidéo relayée massivement sur les réseaux sociaux place André Wameso, gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), au cœur d’une polémique. Dans son intervention, il invite les églises à réfléchir à un mécanisme de soutien à l’économie réelle : « imaginez seulement si les églises donnaient 50 % des offrandes chaque dimanche et de toutes les dîmes qu’elles reçoivent à la fin du mois pour soutenir les PME. Notre pays et économie s’en trouveraient réellement transformés », a-t-il déclaré. Il a ajouté que cela contribuerait à « construire l’œuvre de Dieu qui est la nature humaine ».
Nommé gouverneur de la BCC en août 2023, André Wameso a pour priorités affichées la stabilité macroéconomique et la lutte contre l’inflation. Ancien Directeur de cabinet adjoint du Chef de l’État, il est aussi présenté comme une figure influente au Kongo Central.
Une proposition qui fracture

La sortie du gouverneur a immédiatement enflammé la toile. D’un côté, certains internautes y voient un « appel à la solidarité » et saluent l’idée de mobiliser des ressources internes pour les PME, secteur souvent en manque de financement. De l’autre, de nombreuses voix dénoncent une « pression sociale » sur les institutions religieuses et une forme de déresponsabilisation de l’État.
« Pourquoi demander aux fidèles de financer les PME alors qu’on peut réduire de 50 % les salaires des députés et ministres ? », interrogent plusieurs commentaires devenus viraux. D’autres s’inquiètent de la faisabilité : qui gérerait ces fonds, avec quelle transparence, et quid de l’autonomie des églises ?
Le rôle social des églises en question

En RDC, les églises jouent déjà un rôle majeur dans l’éducation et la santé. La proposition de Wameso rouvre donc un débat plus large : jusqu’où va la mission sociale des institutions religieuses ? Et l’État peut-il solliciter leurs ressources sans remettre en cause la séparation entre spirituel et temporel ?
À ce jour, la BCC n’avait pas encore apporté de clarification sur le contexte exact de la déclaration au moment de la publication. Sur les réseaux, le débat continue d’opposer partisans d’un « sursaut patriotique » et défenseurs d’une « ligne rouge à ne pas franchir ».
Enjeu : le financement des PME

Au-delà de la polémique, la déclaration met en lumière une urgence partagée : l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises congolaises. Reste à savoir si la solution viendra d’un effort collectif inédit ou d’une réforme des finances publiques. Nous y reviendrons !
Mfumu DIASILUA K.
