Le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a annoncé une nouvelle étape dans la réforme de l’administration publique congolaise, avec la volonté affichée de mettre fin aux irrégularités salariales et à la présence d’agents fictifs dans les fichiers de l’État. Il s’exprimait lors de la présentation du rapport « Fonction publique en chiffres – Édition 2025 », organisée aux côtés du porte-parole du gouvernement.

Le ministre a indiqué que le nombre de fonctionnaires mécanisés a connu une hausse significative depuis son arrivée à la tête du portefeuille de la Fonction publique. Selon lui, près de 182.000 agents étaient mécanisés depuis l’indépendance de la République démocratique du Congo, avant l’intégration de près de 197.000 nouveaux agents au cours des dernières années.

Pour Jean-Pierre Lihau, cette dynamique doit désormais s’accompagner d’un contrôle plus strict de la présence effective au travail. À partir de 2027, a-t-il prévenu, la politique salariale de l’État sera davantage fondée sur le rendement et le service réellement presté. « Nous n’allons plus rémunérer les numéros matricules, nous allons rémunérer le travail accompli », a-t-il déclaré, évoquant la nécessité d’assainir durablement le système administratif congolais.

Le VPM de la Fonction publique a par ailleurs dénoncé les dérives qui persistent au sein de l’administration publique. Il a notamment pointé l’existence d’agents inscrits dans les fichiers officiels mais absents de leurs postes, certains exerçant à l’étranger ou dans le secteur privé tout en continuant à percevoir des rémunérations de l’État.

À l’inverse, Jean-Pierre Lihau a également reconnu que plusieurs agents publics travaillent sans être rémunérés. Une situation qu’il juge incompatible avec les ambitions de réforme engagées par le gouvernement et qu’il considère comme une injustice sociale à corriger.

Transmettant les orientations du président Félix Tshisekedi, le ministre a assuré que l’exécutif entend mettre fin aux cas d’agents prestataires non pris en charge par le système salarial. Selon lui, le Chef de l’État a instruit le gouvernement afin qu’aucun agent public ne soit laissé en marge de ses droits.

Le renforcement du service public figure parmi les engagements majeurs du second mandat de Félix Tshisekedi. Le rapport « Fonction publique en chiffres – Édition 2025 » s’inscrit dans cette logique de transparence et de redevabilité, avec pour objectif de rendre accessibles les principales données liées à la gestion des agents de l’État et d’orienter plus efficacement les politiques publiques.

Selon ce document, la Fonction publique congolaise regroupe l’ensemble des agents occupant des postes pourvus par l’État afin d’assurer les missions de service public, conformément à la loi organique n°16/001 du 3 mai 2016 relative à l’organisation et au fonctionnement des services publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées.
NTEMO CD
