À Matadi (Kongo Central), l’occupation de l’espace public par des activités commerciales informelles entre dans une nouvelle phase de régulation. Dans un communiqué officiel n°009/2026, l’autorité urbaine enjoint les vendeurs et vendeuses installés à l’entrée du Pont Maréchal Mobutu de libérer les lieux dans un délai strict d’un mois. Une décision qui s’inscrit dans une dynamique plus large de reprise en main de l’ordre urbain.
Signé par le maire Dominique Nkodia Mbete, le document évoque une occupation « anarchique » de ce site stratégique situé dans le quartier Ville Haute. L’espace concerné, point névralgique de circulation et d’échanges, s’est progressivement transformé en marché informel, en marge des circuits commerciaux réglementés.
Le communiqué précise que le délai d’un mois court à partir de la date de signature. À l’issue de cette période, les autorités préviennent qu’une évacuation sera menée avec le concours des services de l’ordre, si les occupants ne se conforment pas à la mesure. Une posture qui traduit une volonté de faire prévaloir la norme sur des pratiques installées de longue date.
Pour garantir l’exécution de cette décision, plusieurs services ont été mobilisés. Il s’agit notamment du commissariat urbain de la Police nationale congolaise, ainsi que des bureaux en charge de l’urbanisme, de l’environnement et des infrastructures. Tous sont instruits de veiller, chacun dans son champ de compétence, à l’application rigoureuse de la mesure annoncée.
Cette initiative ne constitue pas un fait isolé. Elle prolonge une série d’opérations déjà engagées dans différents points de la ville, notamment au centre-ville et sur l’axe menant vers la RTNC, où des constructions jugées anarchiques avaient été démolies, en particulier aux abords du mur FRETIN. Ces interventions successives dessinent les contours d’une politique urbaine davantage axée sur le contrôle et l’organisation de l’espace public.
Au-delà de la stricte application des règles d’urbanisme, cette mesure souligne une tension persistante entre impératifs d’ordre public et réalités socio-économiques. Les marchés informels, souvent tolérés faute d’alternatives suffisantes, constituent pour de nombreux ménages une source essentielle de revenus. Leur encadrement, voire leur suppression, pose ainsi la question de solutions de repli durables.
En choisissant d’adresser un ultimatum clair, les autorités de Matadi affirment leur intention de restaurer la lisibilité et la fonctionnalité des espaces urbains stratégiques. Reste à observer, dans les semaines à venir, les modalités concrètes de mise en œuvre de cette décision, ainsi que ses répercussions sur le tissu économique local.
Josué Muleli
