Les infrastructures ne sauraient, à elles seules, résumer les attentes d’une province. Dans une adresse au gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, l’ancien député national et ancien ministre de la République Albert Fabrice Puela salue les efforts engagés sur les chantiers, tout en appelant l’exécutif provincial à porter une attention accrue à la sécurité et à la rémunération des agents dépendant de l’administration provinciale.
Albert Fabrice Puela choisit le registre de la reconnaissance, mais aussi celui de l’interpellation. Dans son message au gouverneur du Kongo Central, il salue les avancées enregistrées dans le domaine des infrastructures, notamment à Matadi et à Kisantu, avant de rappeler que le développement d’une province ne se mesure pas uniquement à ses ouvrages et à ses routes.

Pour l’ancien ministre et ancien député national, les différents secteurs doivent progresser de concert. Il place ainsi la sécurité parmi les urgences auxquelles l’exécutif provincial devrait accorder une attention soutenue, à Matadi comme dans les autres territoires du Kongo Central. Une préoccupation qu’il relie directement à la vie quotidienne des habitants et à leur capacité à circuler et à exercer leurs activités dans un climat serein.
Dans une formule particulièrement directe, Puela évoque les cas d’homicides rapportés dans la province et interpelle le gouverneur : « Pourquoi et où êtes-vous, s’il vous plaît ? » Une question qui, dans son message, traduit une attente davantage d’action et de présence des autorités face aux préoccupations sécuritaires exprimées par la population.
Le salaire comme autre front de préoccupation

L’ancien ministre élargit ensuite son interpellation à la situation des agents qui dépendent directement de l’administration provinciale. Il appelle à davantage de régularité et de ponctualité dans le versement de leurs rémunérations, en mettant en avant les répercussions des retards sur les ménages.
Son argument se veut aussi simple que piquant : « Jusqu’à preuve du contraire, un mois compte généralement 30 ou 31 jours, et février 28 ou 29. Jamais un mois n’en a compté 50. »
Derrière cette formule, Puela évoque les familles, les frais de scolarité, les loyers, l’alimentation et les autres charges auxquelles les agents doivent faire face. Son propos replace ainsi la question salariale dans une perspective plus large : celle des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles. Il estime que les difficultés liées aux retards de rémunération ne peuvent être traitées comme une simple question administrative, compte tenu de leurs effets sur le quotidien des bénéficiaires.
« Sécurité, pain et infrastructures »

Sans remettre en cause les efforts déjà accomplis, Albert Fabrice Puela invite finalement le gouverneur Grâce Bilolo à maintenir une approche plus globale de l’action publique. Il résume son interpellation autour de trois exigences : la sécurité, le pain et les infrastructures.
Cette sortie intervient alors que l’exécutif provincial met en avant plusieurs projets d’infrastructures dans différentes parties du Kongo Central. Pour Puela, ces réalisations doivent toutefois s’inscrire dans une politique publique capable de répondre simultanément aux préoccupations sécuritaires et sociales.
Son message au gouverneur se veut donc moins une remise en cause des chantiers qu’un rappel des attentes qui subsistent au-delà des ouvrages visibles. Une manière de poser une équation simple : construire la province, certes, mais aussi veiller à la sécurité de ceux qui y vivent et aux conditions de vie de ceux qui la font fonctionner.
Josué Muleli
