La question de la révision constitutionnelle continue de s’imposer dans le débat public en République démocratique du Congo (RDC). Ce samedi 18 avril 2026, à Matadi, chef-lieu de la province, le mouvement « Front pour la 4ᵉ République » a organisé une marche pacifique pour défendre l’idée d’un changement du texte fondamental, tout en plaidant explicitement pour un référendum comme voie de légitimation populaire.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés au rond-point Simon Kimbagu (Ex-Coca-Cola), point de départ d’une procession ayant traversé plusieurs artères majeures de la ville. Le cortège est passé notamment par les ronds-points M’zee (ex-24 Novembre), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo (Ex-Londe) et le rond-point 24/15, avant d’atteindre le bâtiment du gouvernorat provincial.

Dans une ambiance à la fois festive et encadrée, les participants ont exprimé leur position à travers banderoles et slogans. Parmi les messages les plus visibles figuraient : « Art 5 : Vive le référendum » et « Le changement de la Constitution ». Accompagnés de fanfares, de tam-tams et d’autres instruments d’animation, les manifestants ont maintenu une atmosphère bon enfant tout au long du parcours, sans incident signalé.

Au cœur de cette mobilisation, le mouvement a porté une double revendication : l’organisation d’un référendum et la perspective d’une 4ᵉ République. Selon ses initiateurs, plusieurs dispositions de l’actuelle Constitution présenteraient des « failles » structurelles qui entraveraient le bon fonctionnement des institutions. Ils estiment qu’une refondation plus profonde du système politique, à travers une nouvelle Constitution, devient nécessaire.

Arrivés au gouvernorat, les organisateurs ont été reçus par le vice-gouverneur Prospère Ntela Ntambidila, représentant le gouverneur empêché. Les échanges, tenus à huis clos, ont permis aux responsables du mouvement d’exposer leurs préoccupations, en insistant notamment sur la nécessité de consulter directement le peuple par voie référendaire.

À l’issue de cette rencontre, le coordonnateur du Front pour la 4ᵉ République s’est adressé à la presse pour clarifier les objectifs de la démarche, mettant en avant une vision articulée autour d’un changement constitutionnel validé par référendum et ouvrant la voie à une nouvelle République.
« Nous sommes le Front pour la 4ᵉ République. Nous avons lancé ce que nous appelons “l’activation de l’article 5”. Nous avons marché dans la ville de Matadi, chef-lieu du Kongo Central, pour demander l’organisation d’un référendum constitutionnel dans notre pays. Entre 2006 et 2026, cela fait désormais 20 ans, jour pour jour, que la Constitution actuelle dirige la République démocratique du Congo. Nous relevons de nombreuses incohérences dans ce texte fondamental. Nous voulons davantage d’équité et une refondation du cadre institutionnel », a déclaré le coordonnateur du mouvement.

Il a également précisé que la délégation a été reçue par les autorités provinciales : « Nous avons été reçus par le vice-gouverneur, représentant le gouverneur empêché. Au-delà de nos revendications, nous lui avons également présenté nos civilités », a-t-il ajouté.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte national marqué par des positions divergentes sur l’avenir institutionnel du pays. Si certains acteurs politiques plaident pour une révision ou une refonte constitutionnelle, d’autres mettent en garde contre les risques d’instabilité juridique et politique qu’un tel processus pourrait engendrer.

À Matadi, cette mobilisation traduit néanmoins une volonté structurée d’inscrire le débat dans l’espace public, en articulant deux axes majeurs : le recours au référendum comme mécanisme démocratique de décision et la perspective d’une 4ᵉ République comme projet de refondation institutionnelle.
Josué Muleli
