Alors que le débat enfle autour de l’instruction du Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, demandant la suspension temporaire des motions de défiance et de censure contre les gouverneurs, les présidents des assemblées provinciales montent au créneau.
Réunis au sein de leur collectif, ces derniers, par la voix de Matéus Kanga, président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo et rapporteur du groupe, rejettent catégoriquement toute directive qu’ils jugent contraire à la Constitution et à la loi sur la libre administration des provinces. « Toute décision doit impérativement respecter la Constitution et les lois de la République sur la libre administration des provinces », a déclaré Matéus Kanga, joint par Top Congo FM.
Le rapporteur du collectif rappelle que l’article 197 de la Constitution confère aux assemblées provinciales le pouvoir de contrôler les exécutifs locaux, notamment par le biais des motions de défiance ou de censure. Pour lui, toute tentative de suspension de ces mécanismes constitutionnels constitue une atteinte à l’autonomie des institutions provinciales. « Le départ d’un gouverneur ne signifie pas nécessairement déstabilisation. Au contraire, refuser de sanctionner une mauvaise gouvernance alimente les frustrations et affaiblit la démocratie locale », a-t-il souligné.

Cette position ferme des présidents d’assemblées provinciales révèle un désaccord profond entre Kinshasa et les institutions locales. Alors que le gouvernement central invoque la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle dans un contexte national délicat, les responsables provinciaux dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une recentralisation déguisée du pouvoir.
Pour les présidents des assemblées, la stabilité institutionnelle ne peut être obtenue au détriment du contrôle démocratique, pilier essentiel de la gouvernance provinciale. Ils appellent, par conséquent, au respect strict du principe de la séparation des pouvoirs et au maintien de l’indépendance des organes délibérants. Ce bras de fer naissant pourrait ouvrir la voie à une nouvelle tension entre les provinces et le pouvoir central, dans un pays déjà confronté à d’importants défis sécuritaires et économiques.
Exode Manonga
