RDC/ASS.NAT : la motion de défiance visant Jacquemain Shabani programmée lundi dans un contexte de fortes tensions politiques

Une motion de défiance sous haute tension au cœur du Parlement congolais

Ntemo
By

L’Assemblée nationale s’apprête à vivre une séance à forte charge politique. Ce lundi 27 avril 2026, les députés examineront une motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, dans un climat marqué par des tensions internes et des divergences au sein de la majorité parlementaire.

La décision a été arrêtée par la conférence des présidents après près de deux semaines de tractations, de blocages et de consultations en coulisses. Selon des sources parlementaires, plusieurs résistances ont entouré la programmation de ce dossier sensible, avant qu’un consensus procédural ne permette finalement son inscription à l’ordre du jour de la plénière.

Initiée le 13 avril par le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani dans la province de la Tshopo et membre de l’Union sacrée de la nation, la motion reproche au ministre une gestion jugée insuffisante de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national, avec un accent particulier sur Kinshasa. Les initiateurs évoquent également des accusations d’entrave au contrôle parlementaire et de dérives dans l’exercice de l’autorité publique.

Mais le processus a rapidement dépassé le cadre strictement institutionnel. Plusieurs députés signataires auraient fait état de pressions politiques exercées au sein de leurs formations, tandis qu’au moins un élu a retiré sa signature du document, alimentant les débats sur la solidité de la procédure engagée.

Jacquemin Shabani, VPM de l’intérieur

Dans la foulée, une plainte pour faux en écriture a été déposée au Parquet général près la Cour de cassation contre l’initiateur de la motion. Des élus contestent en effet l’authenticité de certaines signatures apposées sur le texte, ajoutant une dimension judiciaire à une affaire déjà politiquement sensible.

Au sein du camp du VPM Shabani, ces tensions sont perçues comme le reflet de fractures internes plus larges. Des sources politiques évoquent des divergences au sein de l’UDPS et, plus largement, de l’Union sacrée de la nation, révélant des lignes de clivage au sein de la majorité présidentielle.

Dans ce contexte, l’examen de la motion de défiance s’annonce comme un test politique majeur pour le gouvernement et pour la cohésion de la majorité parlementaire. Les débats attendus pourraient indiquer les rapports de force réels au sein de la chambre basse.

Au-delà du sort personnel du vice-Premier ministre, la plénière de lundi apparaît ainsi comme un moment clé, susceptible de refléter l’état des équilibres politiques à l’Assemblée nationale, dans un contexte national déjà marqué par des défis sécuritaires persistants.

NTEMO CD

Share This Article