Depuis 5 heures du matin, ce lundi 26 octobre 2026, Kimpese est privée de ses habituels taxis-motos. Le mouvement de grève lancé par les motocyclistes perturbe les déplacements dans cette agglomération du territoire de Songololo, dans le Kongo Central. Vendeurs, travailleurs et écoliers sont contraints de parcourir certaines distances à pied ou de recourir aux taxis pour rejoindre leurs destinations.
À l’origine de cette mobilisation figurent plusieurs griefs, notamment les prélèvements fiscaux jugés excessifs par les conducteurs, les conditions de travail difficiles et les tracasseries qu’ils affirment subir. Interrogé ce lundi matin par la rédaction de NTEMO.CD, un motocycliste dénonce une hausse présumée du prix du jeton de la Taxe spéciale conventionnelle pour la reconstruction (TSRE), qui serait passé de 1.000 à 1.500 francs congolais (FC).
Le même conducteur fait également état d’une amende de 10 dollars américains qui serait infligée aux motocyclistes interpellés lors d’un contrôle sans être en possession de leur jeton. Selon son témoignage, la pratique antérieure consistait, dans ce cas, à s’acquitter de la taxe due. Ces déclarations, qui mettent en cause les modalités de perception de cette taxe, nécessitent toutefois des éclaircissements auprès des services compétents.
Cette contestation intervient alors que la cheffe d’antenne de la Direction générale des recettes du Kongo Central (DGRKC) à Songololo-Luozi a précédemment démenti toute majoration du prix du jeton, affirmant que celui-ci demeure fixé à 1.000 FC. Ce désaccord entre les déclarations des conducteurs et la position officielle de l’administration fiscale place la question de la tarification au cœur du mouvement, sans pour autant établir à ce stade les circonstances exactes des montants dénoncés.
Sur le terrain, la mobilisation ne se limite pas à l’arrêt des activités. Selon les informations recueillies, certains motocyclistes sillonnent différents points d’arrêt et les abords de la route nationale numéro 1 (RN1) afin de tenter d’empêcher leurs collègues de continuer à transporter des passagers malgré la grève. Ces agissements, rapportés dans le contexte du mouvement, soulèvent également la question de la liberté des conducteurs de participer ou non à la mobilisation.
En maintenant leurs motos à l’arrêt, les grévistes font peser les conséquences de leur contestation sur la mobilité quotidienne de la population. Les usagers doivent s’adapter à une offre de transport réduite, tandis que les revendications relatives aux taxes, aux pénalités et aux conditions de travail restent au centre des préoccupations exprimées par les conducteurs.
L’évolution de la situation dépendra notamment des échanges entre les motocyclistes et les autorités compétentes. Une clarification officielle des tarifs applicables, des pénalités prévues en cas d’absence de jeton et des conditions de perception de la TSRE pourrait contribuer à objectiver les griefs et à rechercher une issue à cette mobilisation.
Josué Muleli
