12ᵉ édition d’Expo Béton : les orientations de Félix Tshisekedi rejoignent les quatre propositions de loi de Jean Bamanisa Saïdi

Urbanisme, infrastructures et expertise nationale : les convergences entre les orientations présidentielles et les propositions de loi de Jean Bamanisa Saïdi.

Ntemo
By

Clarifier les responsabilités, valoriser l’expertise nationale et contrôler effectivement le respect des normes : dans son discours d’ouverture de la 12ᵉ édition d’Expo Béton, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a défini les objectifs d’une modernisation du cadre de l’urbanisme, de la construction et des travaux publics. Des orientations qui présentent des convergences avec les quatre propositions de loi déposées au Sénat par Jean Bamanisa Saïdi.

La transformation des villes congolaises engage aussi les règles qui organisent leur développement. À l’ouverture de la 12ᵉ édition d’Expo Béton, le président de la République a consacré une partie de son intervention aux responsabilités publiques et professionnelles qui accompagnent chaque projet.

Son propos relie plusieurs exigences : coordonner les interventions de l’État, des provinces et des villes ; inscrire les décisions foncières et les autorisations de construire dans une même logique d’aménagement ; assurer la qualité des études et des ouvrages ; renforcer les compétences nationales.

« La modernisation du cadre de l’urbanisme, de la construction et des travaux publics doit soutenir cette exigence », a déclaré Félix Tshisekedi, avant d’en préciser les objectifs : clarifier les responsabilités, valoriser l’expertise nationale et permettre un contrôle effectif du respect des normes.

Ces orientations rejoignent les quatre propositions de loi déposées au Sénat par Jean Bamanisa Saïdi, portant sur les travaux publics et les infrastructures, l’urbanisme et la construction, l’institution de l’Ordre national des urbanistes et la promotion de l’expertise nationale.

Travaux publics : préparer les ouvrages pour toute leur durée de vie

La première convergence concerne la manière de concevoir, de réaliser et d’entretenir les infrastructures. Dans son discours, Félix Tshisekedi a demandé que chaque ouvrage trouve sa place dans une stratégie de développement du territoire qu’il dessert. Dès les études, les grands investissements doivent intégrer les besoins en eau, en énergie, en logement, en transport et en connectivité numérique.

Le président a également insisté sur la durabilité. La mise en service d’un ouvrage doit s’accompagner d’un plan d’entretien, d’une programmation des moyens et d’une désignation claire du responsable de sa maintenance. Le coût du projet doit être apprécié depuis les études jusqu’à son renouvellement.

Cette approche présente un rapprochement direct avec la proposition de loi sur les principes fondamentaux des travaux publics portée par Jean Bamanisa. La planification, la répartition des compétences, la qualité technique et la conservation des ouvrages figurent parmi les préoccupations de ce chantier législatif. Le point commun est précis : organiser les responsabilités pendant toute la vie de l’infrastructure, afin qu’elle continue à servir les populations après sa livraison.

Urbanisme et construction : relier les décisions aux besoins des habitants

Le deuxième rapprochement porte sur l’organisation des villes et l’encadrement des constructions.Félix Tshisekedi a demandé que les décisions foncières, les autorisations de construire et la programmation des équipements s’inscrivent dans une même logique d’aménagement. Il a également appelé à une meilleure coordination entre les différents niveaux de pouvoir, dans le respect des compétences de chacun.

Ces orientations trouvent une traduction dans les besoins qu’il a énumérés : accès à l’eau et à l’électricité, mobilité, logement décent, assainissement et protection contre les risques.La prévention des inondations et des érosions occupe une place particulière. Le président souhaite que les espaces nécessaires à l’écoulement des eaux soient protégés et que les risques entrent dans les décisions d’aménagement.

Cette conception rejoint les préoccupations de planification développées par Jean Bamanisa autour de l’urbanisme et de la construction. Elle associe l’expansion des quartiers à la présence des réseaux, des services et des équipements nécessaires à leurs habitants. Le discours présidentiel donne ainsi une portée concrète à la modernisation du cadre urbain : les décisions administratives doivent contribuer à la sécurité, à l’accessibilité et à la qualité de vie.

Urbanistes et professionnels : une responsabilité qui engage des vies

La proposition relative à l’institution de l’Ordre national des urbanistes peut être rapprochée d’une autre séquence du discours : celle consacrée à la responsabilité des professionnels. Le président s’est adressé aux géomètres, aux architectes, aux urbanistes, aux ingénieurs et à l’ensemble des professionnels de la construction. Chaque étude validée, chaque plan signé et chaque contrôle effectué engage, a-t-il rappelé, la sécurité des personnes qui utiliseront l’ouvrage.

Le respect des règles de l’art est présenté comme un devoir envers la collectivité. Il protège les vies, préserve les investissements et fonde la confiance dans les professions. La concordance porte ici sur la responsabilité professionnelle et l’exigence de contrôle.

Le discours ne demande pas expressément la création d’un ordre des urbanistes ; il formule les exigences auxquelles doivent répondre les acteurs de la conception et de la construction. Cette distinction permet de situer le rapprochement sans confondre une orientation présidentielle avec le choix d’un dispositif institutionnel particulier.

Expertise nationale : faire grandir les compétences avec les chantiers

La quatrième convergence concerne la place des compétences congolaises dans la transformation du pays.Félix Tshisekedi a explicitement demandé que la modernisation du cadre sectoriel valorise l’expertise nationale. Cette orientation se prolonge dans ses attentes concernant les grands projets : apprentissage, formation, certification, emploi local et transfert de compétences doivent faire l’objet d’engagements précis.

Le président souhaite que leur exécution soit suivie pendant les travaux et vérifiée à la réception des ouvrages. Il a aussi reconnu la valeur de l’expérience acquise sur le terrain par les ouvriers, les artisans et les chefs de chantier. Cette expérience doit pouvoir être renforcée par la formation et attestée par une certification ouvrant de nouvelles perspectives professionnelles.

La mission confiée à la Première ministre sur les 244 référentiels de métier s’inscrit dans cette démarche. Élaborés avec le concours du Club BTP, de la Chambre des métiers et de l’artisanat et du ministère de la Formation professionnelle, ces documents doivent faire l’objet d’un examen technique et des procédures nécessaires à leur validation et à leur mise en œuvre.

Ces orientations rejoignent l’objectif de promotion de l’expertise nationale porté par Jean Bamanisa : permettre aux investissements de contribuer aussi au développement des qualifications du pays. Expo Béton, un espace de rencontre entre orientations publiques et travail législatifLa 12ᵉ édition d’Expo Béton a ainsi réuni, dans un même cadre, des propositions parlementaires, des contributions professionnelles et des orientations présidentielles autour de la transformation urbaine.

Le discours de Félix Tshisekedi ne cite pas les quatre propositions de loi et n’annonce pas leur adoption. Il énonce cependant des priorités qui recoupent leurs domaines : gouvernance des travaux publics, cohérence de l’aménagement, responsabilité des professionnels et valorisation des compétences nationales.

Le président a demandé des recommandations précises, classées par priorité, indiquant les actions, les responsabilités, les moyens et les résultats attendus. Leur examen gouvernemental et le suivi des mesures retenues doivent associer les provinces, les villes et les professionnels concernés.

C’est dans ce travail de préparation des décisions que se situe la contribution d’Expo Béton : faire dialoguer les besoins des territoires, l’expérience des bâtisseurs et les réformes destinées à mieux organiser la construction du pays.

LA RÉDACTION

Share This Article