La tension institutionnelle franchit un nouveau palier à l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Dans une déclaration politique rendue publique à Matadi, les députés provinciaux majoritaires accusent leur collègue Pierre Kabangu Nsalambi d’être au cœur des dynamiques ayant conduit aux consultations politiques en cours à Kinshasa autour de la crise qui secoue l’organe délibérant.
Selon ces élus, plusieurs décisions récentes du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur seraient intervenues à la suite de démarches et initiatives attribuées à l’élu provincial, présenté comme un acteur influent dans la structuration des échanges politiques entre Kinshasa et les différentes tendances de l’Assemblée provinciale.
Sans remettre en cause l’autorité des consultations engagées par les autorités centrales, les députés majoritaires estiment néanmoins que le processus actuel manque de neutralité et d’inclusivité. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de “canalisation sélective” des échanges, estimant que certaines figures politiques exerceraient une influence déterminante sur l’agenda et la composition des délégations convoquées à Kinshasa.
Une crise institutionnelle sous tension permanente

Dans leur lecture de la situation, les signataires considèrent que cette dynamique contribue à accentuer les fractures déjà existantes au sein de l’Assemblée provinciale. Ils évoquent une série de consultations successives, parfois contradictoires, qui alimentent davantage les crispations politiques que la recherche d’un apaisement durable.
Les députés majoritaires appellent ainsi à un retour strict au cadre institutionnel et légal, rappelant la nécessité de se conformer au règlement intérieur de l’Assemblée provinciale ainsi qu’aux décisions de la Cour constitutionnelle, notamment l’arrêt R. Const. 2629 qu’ils estiment immédiatement exécutoire.
Des accusations à fort potentiel politique

Au cœur de leur déclaration, le nom de Pierre Kabangu Nsalambi apparaît comme un point de focalisation politique majeur. Les députés affirment qu’il aurait transmis des notes, mémorandums et recommandations ayant précédé certaines convocations à Kinshasa, suggérant ainsi une influence indirecte sur la configuration actuelle des consultations.
Ces accusations, formulées dans un contexte de rivalités internes persistantes, viennent raviver les tensions au sein de l’hémicycle provincial, déjà fragilisé par des divergences profondes sur la gouvernance de l’institution.
Un appel à la clarification du processus

En définitive, les députés majoritaires estiment que toute issue issue de consultations partielles ou jugées sélectives ne saurait engager l’ensemble de l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Ils appellent à une clarification du processus en cours, afin de garantir, selon eux, la transparence, l’équilibre et la légitimité des décisions à venir.
Dans un climat politique toujours sous tension, cette nouvelle sortie publique illustre la persistance d’une crise institutionnelle dont les ramifications dépassent désormais le seul cadre provincial.
Josué Muleli
