Le gouvernement congolais a franchi une étape majeure dans la planification urbaine de la capitale. À travers un arrêté signé le 20 avril 2026, le ministère des Affaires foncières a déclaré d’utilité publique un vaste périmètre de 43.000 hectares situé dans la commune de Maluku, à l’est de Kinshasa. Cette décision s’inscrit dans le cadre du projet d’extension progressive de la capitale congolaise, confrontée depuis plusieurs années à une croissance démographique rapide et à une pression foncière de plus en plus forte. Les autorités entendent ainsi anticiper l’urbanisation future et contenir l’expansion désordonnée de la ville.
Selon les documents administratifs, le périmètre concerné couvre plusieurs villages du groupement Nguma. Il est destiné à accueillir, à terme, de nouvelles zones résidentielles, des infrastructures publiques, des espaces économiques ainsi que des zones agricoles, dans une logique d’aménagement structuré du territoire. La déclaration d’utilité publique est une procédure juridique qui permet à l’État de réserver officiellement des terres pour des projets d’intérêt général. Elle ouvre également la voie, si nécessaire, à des procédures d’expropriation encadrées par la législation en vigueur en République démocratique du Congo.
Avec une population estimée à plus de vingt millions d’habitants, Kinshasa fait face à d’importants défis structurels, notamment en matière de logement, de mobilité urbaine et d’accès aux services sociaux de base. L’extension vers Maluku est présentée par les autorités comme une réponse stratégique à ces contraintes. Dans un contexte où la question foncière reste particulièrement sensible en RDC, la coexistence de terres coutumières, privées et publiques continue d’alimenter tensions et litiges administratifs dans plusieurs zones du pays. Les autorités insistent sur le caractère strictement urbanistique et administratif de la mesure, destinée à encadrer le développement futur de la capitale.
À ce stade, aucun détail n’a été communiqué concernant les modalités d’indemnisation ni le calendrier précis de mise en œuvre du projet. Ce projet d’extension de Kinshasa vers Maluku devrait continuer à susciter des débats dans les prochains mois, tant sur le plan technique que social, au regard de ses implications sur l’organisation du territoire et la gestion du foncier urbain.



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