La polémique née autour de propos attribués à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka continue d’alimenter le débat public en République démocratique du Congo (RDC). Face à son ampleur, Mputu Molobeli, porte-parole de la Dynamique Judith Tuluka Suminwa (JDTS), est monté au créneau pour défendre fermement son autorité de référence.
Dans une déclaration à forte portée politique, il rejette catégoriquement toute accusation de stigmatisation visant les habitants de Camp Luka, dénonçant une “polémique manipulée” construite, selon lui, pour fragiliser l’action gouvernementale. « Prétendre qu’une personnalité aussi engagée puisse dénigrer une partie de la population relève de la manipulation politicienne », a-t-il insisté.
Au cœur de son argumentaire, Mputu Molobeli met en avant la politique de proximité de la cheffe du gouvernement, marquée par des déplacements réguliers à travers le pays, y compris dans des zones enclavées. Une dynamique qui, selon lui, témoigne d’un engagement réel en faveur des populations et rend incohérentes les accusations portées contre elle.
Il inscrit également cette controverse dans un contexte national sous pression, évoquant des défis sécuritaires persistants, des tensions économiques et des tentatives de déstabilisation. Malgré cela, il souligne des avancées dans les infrastructures, la santé, l’éducation et l’amélioration des conditions des forces de défense.
Pour le porte-parole de la JDTS, la polémique actuelle s’apparente à une stratégie de diversion. Il accuse certains acteurs de recycler des séquences anciennes, de les déformer et d’instrumentaliser les sensibilités communautaires afin de semer la division au sein de la population.
Dans ce climat, il appelle à la vigilance et à la responsabilité collective, invitant les habitants de Camp Luka ainsi que l’ensemble des Congolais à ne pas céder aux interprétations malveillantes et à rester concentrés sur les priorités nationales : la stabilité, le progrès et le bien-être commun.

Il convient de rappeler qu’une vidéo tournée lors d’une manifestation officielle montre la Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’adressant au ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, originaire de Camp Luka. Dans cet extrait, une phrase en lingala : « Un endroit calme boye, omemi batu ya Camp Luka awa », relayée notamment par le journaliste Doux-Jésus Beledu, a été perçue par certains comme dénigrante, suscitant indignation et appels à des excuses, dont ceux du conseiller communal Jonas Nzofo.
À l’inverse, plusieurs notables de Camp Luka dénoncent une déformation des propos et affirment que la cheffe du gouvernement saluait plutôt la présence des habitants. Une divergence d’interprétation qui illustre la sensibilité du discours public dans un contexte où la cohésion sociale demeure un enjeu central.
Josué Muleli
