Matadi, 24 juin 2026 – La réflexion engagée par les étudiants du Kongo Central sur l’avenir de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape ce mercredi à Matadi. Réunis pour la deuxième journée de la table ronde organisée par la Représentation nationale des étudiants du Congo (RNEC), coordination provinciale, les participants ont poursuivi leurs échanges autour des réformes jugées indispensables pour rapprocher davantage l’université congolaise des réalités socio-économiques du pays.

Après avoir consacré l’ouverture des travaux aux défis de l’orientation académique et de l’insertion professionnelle des jeunes, les discussions se sont focalisées sur les mécanismes susceptibles d’améliorer la qualité de la formation supérieure et l’employabilité des diplômés.
Sous la coordination de Grâce Kiku Ruhana, les représentants des universités et instituts supérieurs de la province ont examiné plusieurs problématiques qui continuent de susciter des interrogations dans le monde estudiantin. Parmi elles figurent l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD), l’adéquation entre les programmes d’enseignement et les besoins du marché du travail, ainsi que les perspectives offertes aux jeunes à l’issue de leur parcours académique.

Les participants ont notamment relevé les difficultés liées à la mise en œuvre du système LMD. Ils ont évoqué les insuffisances observées dans l’harmonisation des programmes, le manque de clarté de certaines passerelles académiques ainsi que les préoccupations relatives à la reconnaissance de certains diplômes. Pour eux, une adaptation plus cohérente aux réalités nationales demeure nécessaire afin de garantir une formation compétitive et porteuse d’opportunités.




Au fil des échanges, un constat s’est dégagé : l’université ne peut plus se limiter à la transmission des connaissances théoriques. Elle doit également devenir un véritable levier de transformation économique et sociale, capable de préparer les étudiants aux exigences du monde professionnel et de contribuer au développement du pays.

Cette deuxième journée a également été marquée par une séquence consacrée à la santé publique. Partenaire de l’événement, le Programme national multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA (PNMLS) du Kongo Central a animé une séance de sensibilisation autour de l’Initiative présidentielle pour l’élimination du VIH/SIDA chez l’enfant d’ici 2030 (IPESE).

À travers des échanges interactifs, les responsables du programme ont insisté sur l’importance de la prévention, du dépistage volontaire et de l’adoption de comportements responsables. Une distribution de préservatifs a accompagné cette activité, traduisant la volonté de renforcer les actions de proximité en faveur de la santé des jeunes.

Pour les organisateurs, cette approche illustre la nécessité d’aborder les enjeux de la jeunesse dans leur globalité. Car l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’insertion professionnelle constituent autant de piliers indissociables pour bâtir une génération capable de relever les défis du développement.

À la veille de la clôture des travaux, prévue ce jeudi 25 juin lors d’une conférence qui se tiendra dans la salle de sœurs, située en face du complexe scolaire Ntetembwa à Matadi, les attentes demeurent élevées. Cette dernière étape devrait permettre de consolider les recommandations formulées au cours des débats et d’aboutir à une feuille de route destinée à nourrir les réflexions sur l’avenir de l’enseignement supérieur et la place de la jeunesse dans la construction du Kongo Central et de la République démocratique du Congo (RDC).

Junior Mfumu
