L’éducation financière s’est invitée au cœur des échanges, dimanche 5 juillet, à Matadi, où EMK ProActive Sarlu a réuni plus de 300 participants autour d’une conférence consacrée à la discipline financière, à l’investissement et au leadership entrepreneurial. Organisée au Benjy Palace Hotel, cette rencontre a également enregistré la présence de plusieurs personnalités du monde économique, dont le président provincial de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC/KONGO CENTRAL), témoignant de l’intérêt accordé à cette initiative en faveur de la jeunesse entrepreneuriale.

Placée sous le thème « Éducation financière : de la discipline à l’investissement », la conférence avait pour ambition d’amener les participants à repenser leur rapport à l’argent, à l’épargne et à l’entrepreneuriat dans un contexte où l’autonomie économique constitue un défi majeur pour une grande partie de la jeunesse congolaise.
Premier à prendre la parole, Samuel BIKABA a développé une intervention centrée sur les principes fondamentaux de la gestion financière d’une entreprise. À travers des exemples concrets, il a rappelé qu’une confusion entre les finances personnelles et celles de l’entreprise constitue l’une des principales causes de l’échec entrepreneurial.

« Le fait de manger l’argent de son entreprise est considéré comme un détournement de celui-ci. Pour mieux avancer, il faut séparer le budget de son entreprise de son budget personnel. Mais retenez ceci : le budget personnel sort toujours du budget de l’entreprise », a-t-il expliqué.

Le coach a également insisté sur l’importance d’une gouvernance rigoureuse, invitant les entrepreneurs à appliquer la règle des trois C. « Un bon entrepreneur doit maîtriser la règle de trois C : commander, contrôler et corriger », a-t-il souligné, estimant que la discipline de gestion demeure le socle de toute entreprise pérenne.

Prenant ensuite la parole, Costa THATUKILLA a recentré le débat sur l’état d’esprit entrepreneurial. Pour lui, le manque de capital ne constitue pas le principal obstacle à la réussite. « Un entrepreneur doit savoir créer ses propres ressources. La réussite entrepreneuriale ne dépend pas d’un capital financier de départ. Un entrepreneur doit avoir un mental engagé et un état d’esprit positif pour surmonter les échecs et réussir. Parce que l’échec n’est pas fatal, il faut continuer. Avec un état d’esprit positif, un entrepreneur avance sans recul », a déclaré l’entrepreneur.

Poursuivant son intervention, il a identifié plusieurs piliers indispensables à toute réussite entrepreneuriale : la discipline financière, une vision claire, la capacité d’innover, l’épargne régulière, la maîtrise des états financiers, la limitation des dépenses non essentielles ainsi que le développement d’activités génératrices de revenus complémentaires.

Au-delà des exposés, la conférence a laissé une large place aux échanges avec le public. Le panel de questions-réponses a permis aux participants d’obtenir des réponses concrètes sur la création d’entreprise, la gestion des finances, les stratégies d’investissement et les défis auxquels sont confrontés les jeunes entrepreneurs.





L’un des temps forts de cette journée a été le concours « Talisa Chance », organisé à partir des billets achetés par les participants. Après un tirage au sort, plusieurs dizaines de lauréats sont repartis avec des lots composés notamment de smartphones, téléviseurs, écrans plasma, mini-réfrigérateurs, congélateurs, ventilateurs, fers à repasser et d’autres appareils électroménagers.
L’initiative est allée au-delà des récompenses matérielles. Trois participants ont remporté des bourses universitaires d’une durée de cinq ans, tandis que trois autres ont été sélectionnés pour devenir associés dans un projet entrepreneurial qui bénéficiera d’un accompagnement financier et juridique assuré par EMK ProActive Sarlu, dirigée par Emmanuel Mumbona.
À travers cette conférence, l’entreprise organisatrice a voulu démontrer que l’éducation financière ne se limite pas à la maîtrise des chiffres. Elle constitue également un levier de transformation des mentalités, capable d’encourager une nouvelle génération d’entrepreneurs à bâtir des projets viables, fondés sur la discipline, l’innovation et la création de valeur.

Au terme de cette journée, une conviction semblait largement partagée : investir dans les connaissances demeure le premier pas vers une réussite durable. Pour de nombreux participants, cette conférence n’a pas seulement été un moment de formation, mais le point de départ d’une nouvelle manière de penser l’entrepreneuriat et la gestion des ressources.

Josué Muleli
