Le dossier prend une nouvelle dimension. Le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, est attendu devant la Cour des comptes à Kinshasa, dans le cadre d’une procédure portant sur une présumée « gestion de fait ». Son audition est fixée au vendredi 18 septembre 2026, selon un extrait de rôle daté du 14 septembre.
Le document officiel inscrit l’affaire sous la référence RGF/001/CC-DK/2026/JMB et la présente comme opposant le ministère public à « Nkuanga Masuangi Bilolo Grâce (Gouverneur de la Province du Kongo Central et consorts au moment des faits) ». L’audience est prévue à 9 heures, dans la salle Kengo wa Dondo, au troisième étage du siège de la Chambre des comptes déconcentrée de Kinshasa.
Derrière cette inscription au rôle se dessine une nouvelle étape dans une procédure qui s’intéresse à la gestion des affaires publiques dans la province. Le dossier concerne également d’autres responsables provinciaux. Une précédente phase de la procédure avait notamment conduit à la comparution d’un conseiller du gouverneur.
La notion de « gestion de fait » renvoie, dans le cadre du contrôle juridictionnel des comptes publics, à une situation dans laquelle une personne est susceptible d’avoir exercé des fonctions relevant d’un comptable public sans en avoir légalement la qualité. La qualification évoquée dans le dossier devra toutefois être appréciée par la juridiction au regard des éléments soumis aux débats.
La comparution de Grâce Bilolo ne vaut donc pas condamnation. Elle constitue une étape de la procédure au cours de laquelle la Cour des comptes pourra examiner les éléments du dossier et recueillir les explications des personnes concernées. À ce stade, aucune responsabilité définitive ne peut être retenue sur la seule base de la convocation.
Cette audience intervient dans un contexte où la Cour des comptes examine plusieurs dossiers liés à la gestion des ressources publiques au Kongo Central. L’un des dossiers déjà portés devant cette juridiction concerne notamment Jules Masuangi Mbumba, poursuivi dans une affaire portant sur 170.000 dollars issus du compte de la « sous-commission pétrole » à la BGFI Bank.
Dans cette autre procédure, le ministère public a notamment évoqué la qualification de « gestion de fait », après avoir soutenu que 100.000 dollars auraient été affectés à des travaux à Muanda et 70.000 dollars au fonctionnement de la sous-commission, en l’absence de mandat de comptable public. Après l’audience du 11 septembre, l’affaire a été renvoyée au 25 septembre 2026.
Deux dossiers distincts, deux procédures encore en cours, mais un même arrière-plan : le contrôle juridictionnel de la gestion des deniers publics au Kongo Central. La suite des audiences permettra de déterminer ce que les éléments du dossier retiendront, ou non, à la charge des personnes concernées.
Josué Muleli
