Matadi, Kongo Central – Alors qu’une marche pacifique en soutien à la stabilité des institutions provinciales est annoncée ce lundi 3 novembre 2025, le journaliste d’investigation Joli Toko se demande si le message affiché correspond réellement à la réalité politique de la province. La mobilisation, prévue du rond-point Les Copains jusqu’au Gouvernorat du Kongo Central, intervient seulement 24 heures après que le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo a assuré qu’« il n’existe aucune guerre interinstitutionnelle » entre le gouvernement provincial et l’Assemblée.
Pour Joli Toko, cette juxtaposition entre parole rassurante et action publique soulève de nombreuses questions. « Si tout va bien entre l’Exécutif et l’Assemblée, pourquoi rappeler ainsi la stabilité des institutions ? » interroge-t-il. Le journaliste souligne que la marche, présentée comme un appel à la paix et à l’unité du Kongo Central, pourrait laisser percevoir un signal contradictoire, voire un message politique déguisé.

Cette mobilisation intervient dans un contexte politique particulier. Le gouverneur Bilolo fait face à une motion d’explication sur la politique générale portée par le député provincial Cerlain Gonda, élu de Madimba. Selon ce dernier, la démarche vise à éclairer la population sur les orientations du gouvernement provincial et à exercer un contrôle parlementaire légitime.
Joli Toko s’interroge également sur le rôle des communicateurs proches de l’Exécutif, qui ont activement promu cette marche. Cette initiative soulève des interrogations sur la nécessité de rappeler publiquement la stabilité des institutions lorsque les autorités elles-mêmes affirment qu’aucune tension n’existe.
Alors que les citoyens de Matadi et des environs se préparent à cette mobilisation, la province se retrouve face à un paradoxe : entre assurances publiques de stabilité et communication politique qui envoie un message ambigu. Pour Joli Toko, il est essentiel que les habitants puissent distinguer entre un véritable appel à la paix et une stratégie de communication à double sens.
Josué Muleli
