Joli Toko, journaliste d’investigation : « L’insécurité s’installe au Kongo Central, l’État doit réagir maintenant ! »

Ntemo
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La montée de l’insécurité au Kongo Central suscite de plus en plus d’inquiétudes parmi les habitants, les acteurs sociaux et les professionnels des médias. Dans un message rendu public, le journaliste d’investigation Joli Toko a exprimé son indignation face à la recrudescence des actes violents dans plusieurs villes et territoires de la province, notamment Muanda, Boma, Matadi et Mbanza-Ngungu.

« Le Kongo Central risque gros si rien n’est fait », a-t-il alerté, appelant les autorités provinciales et nationales, en particulier le ministre national de l’Intérieur, à prendre des mesures urgentes et efficaces pour contenir la vague de criminalité qui frappe la région.

Parmi les faits récents évoqués, figure un incident survenu à Muanda, où un militaire a ouvert le feu à l’intérieur d’une église, provoquant la panique et l’indignation des fidèles. Une scène inédite qui a semé la peur dans cette cité côtière réputée jusque-là relativement calme.

Illustration de Moanda

À Boma, la situation sécuritaire reste préoccupante avec des attaques régulières attribuées à des bandes de jeunes délinquants appelés Kulunas. Plusieurs quartiers, dont Mbangu, Matondo et Km6, ont été récemment le théâtre de violences, souvent accompagnés de vols et d’agressions nocturnes. Des initiatives comme l’opération Ndobo, censées ramener l’ordre, peinent à produire les résultats escomptés.

Photo illustrant la ville de Boma

À Matadi, chef-lieu de la province, l’émoi est encore vif après l’assassinat d’un cambiste tué à son domicile en février dernier. La victime aurait été traquée pour de l’argent avant d’être abattue par des individus armés. Ce drame avait ravivé le débat sur la sécurité des opérateurs économiques dans la ville portuaire.

Illustration de Matadi, précisément la commune de Nzanza

À Mbanza-Ngungu, un autre fait divers tragique est venu renforcer le climat de peur. Le corps sans vie d’Evodie Bukaka, une étudiante de l’Institut Technique Médical Kimbanguiste (ISTMKI LOMA), a été découvert entièrement nu, le 10 mai, à proximité de la Route Nationale n°1, non loin du camp Colonel Ebeya. Selon plusieurs témoignages, la jeune femme aurait été violée puis assassinée par des individus non identifiés.

Droits tiers

Face à cette série d’incidents, Joli Toko estime que la province est en train de basculer dans une insécurité inquiétante, marquée par l’impunité et l’absence de réponses adaptées. « L’État doit réagir maintenant », insiste-t-il.

Tout en saluant les efforts des forces de l’ordre, le journaliste appelle à une approche plus rigoureuse, coordonnée et transparente pour rétablir la confiance des populations et garantir la sécurité des citoyens.

Josué Muleli

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