Kongo Central : l’Intersyndicale défend l’arrêté sur les frais scolaires et réclame une prime, sur fond de menace de paralysie des cours

Frais scolaires au Kongo Central : l’Intersyndicale défend l’arrêté provincial et réclame une prime pour les enseignants.

Ntemo
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L’Intersyndicale provinciale des syndicats des enseignants de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC) du Kongo Central défend le maintien de l’arrêté provincial fixant les frais scolaires pour l’année 2026-2027, au moment où cette mesure cristallise les tensions entre les autorités, les parents d’élèves et les acteurs du secteur éducatif. Dans une déclaration rendue publique le 18 octobre 2026 à Matadi, cette structure syndicale réaffirme son soutien au texte du gouverneur et conditionne la poursuite normale des enseignements à la prise en compte de ses revendications professionnelles.

Cette prise de position intervient dans un climat de contestation marqué par des manifestations d’élèves et de parents, notamment à Luozi et à Lukula, sur fond de préoccupations liées au coût de la scolarité. Le dossier a également été porté devant l’Assemblée provinciale le 16 octobre, lors d’une question orale avec débat du député provincial Guylain Phanzu adressée au ministre provincial de l’Éducation, Jean Kimboko Ndombasi. L’élu a notamment recommandé le retrait de l’arrêté, la reprise des concertations avec les trois provinces éducationnelles et une réduction des frais scolaires.

À rebours de cette demande de réexamen, l’Intersyndicale estime que l’application de l’arrêté permet aux établissements scolaires de s’appuyer sur des budgets prévisionnels déjà élaborés. Elle met également en avant les retombées qu’elle attribue à cette mesure pour les enseignants, alors que plus de 10.000 d’entre eux seraient, selon sa déclaration, impayés ou sans salaire. Cette position place au premier plan une question sensible : comment concilier les besoins de fonctionnement des écoles et la rémunération des enseignants avec les capacités financières des familles ?

Au-delà du débat sur les frais scolaires, les syndicats réclament la prise en charge des enseignants non payés et non mécanisés, ainsi que l’instauration d’une prime provinciale de 500.000 francs congolais par enseignant dans le cadre du budget 2026-2027. L’organisation prévient qu’en l’absence de réponses favorables à ces revendications, les enseignants concernés pourraient paralyser les activités scolaires sur toute l’étendue du Kongo Central. La menace vise ainsi les autorités provinciales, appelées à apporter des réponses concrètes aux revendications sociales et professionnelles du corps enseignant.

Sur le plan national, l’Intersyndicale provinciale soutient également la déclaration de l’Inter-syndical national de l’Éducation nationale et des Universités publiée le 13 octobre. Elle accorde au gouvernement central un délai de 14 jours à compter du 18 octobre pour répondre aux revendications des enseignants, faute de quoi elle se réserve le droit d’engager des actions syndicales appropriées. Elle dénonce par ailleurs ce qu’elle considère comme une menace de démantèlement de la Mutuelle de santé des enseignants (MESP) au profit du Fonds de solidarité de la santé.

Tout en défendant l’arrêté provincial, l’Intersyndicale appelle le gouvernement et l’Assemblée provinciale à privilégier le dialogue et à éviter toute décision susceptible d’aggraver les tensions sociales. Sa déclaration ajoute un nouvel élément au débat sur les frais scolaires au Kongo Central, où s’affrontent des préoccupations légitimes mais parfois divergentes : l’allègement des charges supportées par les parents, le financement des établissements et l’amélioration des conditions de vie des enseignants. L’enjeu reste désormais de trouver une issue qui préserve à la fois l’accès à l’éducation et la stabilité du calendrier scolaire.

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