Quinze jours après la mort par balle de Chadrack, un adolescent de 16 ans, le dossier continue de nourrir les interrogations à Muanda. Lundi 5 octobre 2026, les militants d’Extinction Rebellion (XR) Matadi sont descendus dans la rue pour réclamer justice pour le jeune garçon, tué dans une zone pétrolière lors d’une intervention de militaires chargés de la sécurisation du site.

La mobilisation s’est poursuivie devant le gouvernorat du Kongo Central, après une marche pacifique annoncée aux autorités provinciales. Des manifestants, dont certains portaient des T-shirts « Muanda Telema », ont brandi plusieurs pancartes, dont l’une affichait : « Justice pour Chadrack, 14 jours sans suite ». D’autres messages, tels que « Votre pétrole nous tue », « Notre terre sans pétrole » et « Non au pétrole », dénonçaient plus largement les conséquences que les militants associent à l’exploitation pétrolière.

Selon un membre de XR, l’organisation avait informé les autorités provinciales de la tenue de cette mobilisation. D’après son témoignage, les services du gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo auraient demandé au mouvement de surseoir à la marche et de se rendre au cabinet du gouverneur pour un échange prévu à 10 heures. Le représentant de XR affirme toutefois qu’à midi, malgré les assurances reçues concernant une réception imminente, aucune rencontre n’avait encore eu lieu.

Face à cette situation, les militants ont maintenu leur présence devant le gouvernorat et y ont fait entendre leurs revendications. La mobilisation ne portait donc pas uniquement sur la question pétrolière : elle visait également à remettre le dossier Chadrack au centre de l’attention publique, alors que ses proches et des jeunes de Muanda réclament des réponses sur les circonstances de sa mort.

Selon les éléments communiqués dans le cadre de ce dossier, le militaire présenté comme le présumé tireur avait été arrêté puis déféré devant son juge naturel. Les militants dénoncent néanmoins l’absence de suite judiciaire communiquée depuis lors et demandent que les responsabilités soient clairement établies. Ils s’interrogent notamment sur les circonstances dans lesquelles les tirs ont été effectués et sur les éventuelles instructions données lors de l’intervention.

La mort de Chadrack s’inscrit ainsi dans une mobilisation plus large contre l’exploitation pétrolière dans le Kongo Central. Pour XR, les revendications portées à Matadi traduisent notamment ses préoccupations concernant les conséquences des activités pétrolières sur les populations et l’environnement.

Des éléments de la Police nationale congolaise ont accompagné les manifestants devant le bâtiment du gouvernorat du Kongo Central. La mobilisation s’est déroulée sans interpellation signalée, les militants ayant pu faire entendre leurs revendications devant l’édifice.

À l’issue de cette mobilisation, un membre du mouvement a annoncé de nouvelles actions dans les prochains jours. XR entend ainsi maintenir la pression pour obtenir des réponses sur le dossier Chadrack et faire entendre ses préoccupations relatives à l’exploitation pétrolière dans le Kongo Central.
Josué Muleli
