Braquages à main armée, affrontements entre groupes de jeunes, découvertes de corps sans vie : les incidents se sont succédé à Matadi au cours du mois de septembre, touchant plusieurs quartiers et alimentant une inquiétude grandissante parmi les habitants. Sans établir, à ce stade, un lien entre ces différentes affaires, leur répétition en l’espace de quelques semaines remet la question de la sécurité urbaine au premier plan dans le chef-lieu du Kongo Central.
Des braquages qui frappent jusque dans les mêmes secteurs

Le 3 septembre, un jeune cambiste de 22 ans, Jérémie Kianga Phambu, a succombé à ses blessures après avoir été atteint de trois balles lors d’un braquage dans le secteur compris entre A15 et Mvuadu. Selon les premières informations, les assaillants auraient ouvert le feu après sa résistance à une tentative de lui arracher son sac contenant de l’argent. Évacué vers l’hôpital provincial de référence de Kinkanda, il n’a pas survécu à ses blessures.
Le 26 septembre, le même axe A15-Mvuadu a de nouveau été ciblé. Cinq hommes cagoulés et armés auraient attaqué, dans la soirée, un jeune vendeur d’unités à proximité du Centre hospitalier Caleb Médical. Plusieurs coups de feu auraient retenti. La victime, qui n’aurait pas opposé de résistance, aurait remis aux assaillants une importante somme d’argent. Deux attaques armées rapportées dans un même secteur en moins d’un mois, avec des modes opératoires comportant l’usage d’armes à feu, constituent l’un des éléments qui nourrissent aujourd’hui les préoccupations locales.
Des morts dont les circonstances restent à établir

La série d’événements ne se limite toutefois pas aux braquages. Le 9 septembre, un corps sans vie présenté comme celui d’un convoyeur domicilié à Minkondo a été retrouvé à la hauteur de SOCOPE. Les circonstances exactes de son décès n’étaient pas établies au moment du signalement. Le 29 septembre, deux autres corps ont été découverts dans la même matinée : celui d’une femme dans un cours d’eau à Kinkanda et celui d’un homme d’une quarantaine d’années à Mvuadu, présentant de graves blessures au ventre.
Dans le cas de la femme retrouvée à Kinkanda, le chef de quartier a évoqué la possibilité d’une chute accidentelle, notamment alors qu’elle aurait pu tenter de faire sa lessive. À Mvuadu, la cheffe du quartier Salongo a, de son côté, avancé l’hypothèse d’un règlement de comptes lié à un différend entre la victime et certains de ses amis. Ces versions locales ne constituent pas des conclusions judiciaires : les circonstances exactes de ces décès restent à établir par les autorités compétentes.
Des violences de jeunes qui dégénèrent

À cette succession de faits s’ajoutent des affrontements entre jeunes dans plusieurs secteurs de la ville. À Mpozo, de violents heurts survenus après le lynchage présumé d’un habitant accusé de vol auraient provoqué d’importants dégâts matériels. Un jeune homme récemment diplômé en BTP aurait notamment perdu sa main gauche après avoir été grièvement blessé lors des affrontements. Des informations faisant état de coups de feu ont également circulé, sans confirmation établie à ce stade.
La violence s’est ensuite manifestée à Mvuadu dans la nuit du 28 au 29 septembre, avec un affrontement entre jeunes qui aurait fait un mort. Le même mardi, une nouvelle bagarre a éclaté à Kinkanda, vers Winner School, à quelques encablures de l’ISIPA Matadi. Des images amateurs montrent plusieurs jeunes engagés dans une confrontation qui aurait duré plusieurs heures et perturbé la circulation dans cette partie de la ville.
Une inquiétude qui dépasse les faits diversBraquages, violences de groupes et décès aux circonstances incertaines ne relèvent pas nécessairement d’une même dynamique criminelle. Mais leur succession rapprochée dans des secteurs comme A15, Mvuadu, SOCOPE, Mpozo et Kinkanda donne à la question sécuritaire une résonance particulière. Pour les habitants, l’enjeu est désormais autant celui de la prévention que de la réaction : empêcher que les différends locaux ne dégénèrent, renforcer la capacité d’intervention et établir rapidement les responsabilités dans les affaires les plus graves.
La prudence reste néanmoins de mise : plusieurs informations rapportées dans ces différents dossiers demeurent à confirmer et aucune donnée disponible ne permet, à elle seule, d’établir une hausse statistique de la criminalité à l’échelle de toute la ville. Une chose, en revanche, ressort de cette séquence : en quelques semaines, Matadi a été confrontée à une succession d’incidents suffisamment graves pour raviver les inquiétudes sur la sécurité de ses quartiers et la capacité à contenir les violences avant qu’elles ne basculent dans l’irréparable.
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