À Luozi (Kongo Central), la mobilisation autour de la traversée du fleuve Congo débouche sur une proposition susceptible de modifier temporairement le fonctionnement de la liaison. À l’issue de la manifestation pacifique organisée ce mercredi 19 août par le Rassemblement des forces vives de Luozi (RAFOVIL), l’organisation a proposé de suspendre les traversées des véhicules par le petit bac, jusqu’à l’obtention d’une solution durable.

La mobilisation, organisée avec l’accompagnement du Conseil territorial de la jeunesse de Luozi, avait pour principale revendication l’installation d’un nouveau bac. Les participants ont fait état de préoccupations concernant l’état de l’embarcation actuellement utilisée et les conditions dans lesquelles s’effectuent les traversées. La manifestation s’est déroulée dans un climat pacifique, sans incident rapporté.
Au-delà de la mobilité des personnes, la situation pèse également sur les activités économiques. Des véhicules chargés de marchandises restent confrontés aux difficultés de traversée, tandis que des produits périssables, notamment des oranges, seraient arrivés à destination dans un état dégradé après des délais d’attente prolongés. Les commerçants et opérateurs économiques redoutent ainsi que la persistance de ces perturbations n’aggrave leurs pertes.

Au nom des manifestants, Eugène Tonda Kanza, coordinateur du RAFOVIL, a remis et lu un mémorandum devant l’administrateur du territoire de Luozi. Le document demande notamment que les revendications exprimées soient transmises au gouvernement national, en vue d’une réponse concrète à la crise de la traversée.
La proposition de suspendre le transport des véhicules par le petit bac constitue désormais le principal élément nouveau issu de la mobilisation. Elle n’est toutefois pas encore une décision officielle. L’administrateur du territoire a annoncé qu’une réunion se tiendra ce vendredi avec les notables, les forces vives et les autorités locales afin d’examiner la mesure et de dégager une position concertée.

Prenant également la parole, Antonio Mbombo wa Mbombo, président du Conseil territorial de la jeunesse de Luozi, a appelé le gouvernement à agir rapidement. Il a notamment estimé qu’il ne faudrait pas attendre la survenue d’un éventuel drame avant de prendre des mesures concernant les conditions de traversée.
L’administrateur du territoire a, pour sa part, confirmé avoir reçu le mémorandum et s’est engagé à le transmettre aux autorités compétentes. La décision concernant la poursuite ou la suspension des traversées des véhicules par le petit bac devrait être connue à l’issue de la réunion annoncée vendredi.

À Luozi, l’enjeu dépasse désormais la seule remise en service d’un bac. La mobilisation souligne une demande plus large : disposer d’une liaison fluviale fiable et sécurisée, capable de soutenir la circulation des personnes, des véhicules et des marchandises entre les deux rives du fleuve Congo.
Josué Muleli
