Dans un contexte institutionnel toujours marqué par des tensions persistantes au sein de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, le gouvernement central a tranché. Le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a officiellement ordonné la clôture de la session ordinaire de mars, fixée au 29 juin 2026, en dépit du blocage qui paralyse l’organe délibérant depuis plusieurs semaines.
Cette décision, consignée dans un télégramme adressé au gouverneur de province Grâce Bilolo, intervient alors que les divisions internes entre députés provinciaux continuent d’entraver le fonctionnement normal de l’Assemblée. Le document officiel instruit les autorités provinciales de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer l’exécution de cette mesure, conformément aux dispositions légales encadrant la libre administration des provinces.
Une décision d’autorité dans un climat de blocage

Depuis la séance plénière du 7 mai, l’Assemblée provinciale du Kongo Central fonctionne au ralenti, voire à l’arrêt. Les divergences profondes entre camps politiques, exacerbées par la réhabilitation de Papy Mantezolo à la présidence de l’organe délibérant par la Cour constitutionnelle, ont contribué à cristalliser une crise institutionnelle sans issue immédiate.
Dans ce climat de paralysie, aucune activité parlementaire significative n’a pu être organisée, notamment en matière de contrôle de l’action gouvernementale, pourtant au cœur de la session de mars.Kinshasa invoque le cadre légalEn s’appuyant sur l’article 63 de la loi relative à la libre administration des provinces, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur inscrit cette décision dans une logique de régularité institutionnelle et de respect du calendrier parlementaire.
Le télégramme, également transmis aux membres du Comité provincial de sécurité (CPS), prévoit la mobilisation des services compétents afin d’assurer le bon déroulement de la clôture, dans un environnement politique jugé sensible.
Des efforts de médiation restés sans issue

Avant cette décision, plusieurs tentatives de médiation avaient été engagées à Kinshasa sous l’égide du ministère de l’Intérieur. Elles visaient à rapprocher les positions des différentes factions de l’Assemblée provinciale. Mais ces démarches n’ont pas permis de restaurer un consensus durable.
Face à l’enlisement, le gouvernement central semble désormais privilégier une approche strictement institutionnelle, laissant de côté les arbitrages politiques locaux.
Une session inachevée et des attentes persistantes

La session ordinaire de mars, traditionnellement consacrée au contrôle parlementaire, s’achève ainsi sans que plusieurs dossiers majeurs n’aient pu être examinés. Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre la fragilité persistante des équilibres politiques provinciaux et les limites du fonctionnement institutionnel en période de crise.
Une normalisation encore incertaineEn attendant d’éventuelles évolutions juridiques ou politiques, notamment autour des recours introduits devant la Cour constitutionnelle, la clôture de la session apparaît davantage comme un acte administratif de régularisation que comme l’aboutissement d’un cycle parlementaire normal.
Reste désormais la question centrale de la reprise effective des activités de l’Assemblée provinciale, condition essentielle pour éviter une prolongation du vide institutionnel et permettre un suivi réel des enjeux de développement du Kongo Central.
Josué Muleli
