Dans un climat institutionnel déjà marqué par des tensions autour de la gestion des finances publiques, la démission du Directeur général de la Direction générale des recettes du Kongo Central (DGRKC), Julien Zamuangana Mpanzu, continue de susciter des réactions au sein de l’Assemblée provinciale. Loin d’éteindre le débat, ce départ précipité semble au contraire raviver les exigences de transparence autour de sa gestion.
C’est dans ce contexte que le député provincial élu de Boma, Vincent de Paul Mayiza Mbudi, initiateur de l’interpellation ayant visé le responsable démissionnaire, a tenu à clarifier sa position. Dans un échange accordé à Ntemo CD au sein même de l’Assemblée provinciale, l’élu insiste sur la nécessité de préserver la logique institutionnelle du contrôle parlementaire.
Pour lui, la démission annoncée ne saurait, à elle seule, clore un dossier engagé dans le cadre du contrôle de l’action publique. « Avant toute prise d’acte, il est indispensable que l’intéressé vienne répondre aux questions posées par la représentation provinciale », laisse-t-il entendre, appelant à une rigueur procédurale sans équivoque.

S’appuyant sur les dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale, notamment l’article 3, alinéa 3, le député rappelle que le rôle fondamental de l’organe délibérant est d’exercer un contrôle permanent sur le gouvernement provincial et l’ensemble des services publics. Dans cette architecture, la DGRKC occupe, selon lui, une place stratégique qui impose une vigilance accrue.
Au cœur des préoccupations soulevées, figurent des allégations de dysfonctionnements dans la mobilisation des recettes, ainsi que des soupçons de coulage financier aux postes frontaliers. L’élu évoque notamment des disparités inquiétantes dans la perception des taxes, citant des chiffres issus de rapports de terrain qui interpellent sur l’efficacité du système en place.
« Il ne s’agit pas d’une chasse à l’homme, mais d’un exercice normal de redevabilité », insiste Vincent de Paul Mayiza, qui refuse toute lecture politisée de son initiative. À ses yeux, la gestion des deniers publics impose un principe intangible : celui de rendre compte, en toute circonstance, devant les représentants du peuple.

Dans cette perspective, la démission du Directeur général ne modifie en rien, selon lui, la nécessité de clarifier les faits soulevés. Il estime même que le processus parlementaire engagé doit suivre son cours, afin d’établir les responsabilités et d’éclairer l’opinion sur les zones d’ombre relevées dans la gestion de la régie.
L’élu va plus loin en soulignant que toute tentative de contournement de cette étape pourrait être interprétée comme un manquement au principe de redevabilité. Il appelle ainsi les autorités provinciales à garantir le respect de la procédure, en permettant à l’interpellé de se présenter devant les élus dans les délais prévus.
Au-delà du cas individuel de la DGRKC, cette affaire souligne les enjeux plus larges de gouvernance financière au niveau provincial. Elle interroge la capacité des institutions à assurer un contrôle effectif des régies publiques, dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de transparence ne cessent de croître.

En attendant une suite officielle du dossier, le débat reste ouvert au sein de l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Entre exigence de redevabilité et respect des procédures administratives, l’affaire Zamuangana apparaît désormais comme un test institutionnel majeur pour l’équilibre entre contrôle parlementaire et gestion de l’exécutif provincial.
Exode Manonga
